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6 mai 2017 6 06 /05 /mai /2017 10:58

Le symptôme est un langage du corps que tout thérapeute doit écouter, entendre et comprendre car il donne le sens du traitement.

Vous savez probablement que dans l’inconscient, les contraires sont identiques : “Je te hais” signifie “Je t’adore”, “Vas-t’en” veut dire “Reste ici, ne me quitte surtout pas”, la phobie des avions cache en réalité un immense désir de voyager et de s’évader, etc.

Notre inconscient fonctionne à plusieurs niveaux différents, ignore l’écoulement du temps (nos rêves et cauchemars le prouvent à l’envie) et se moque totalement des “convenances” : lapsus, “gaffes” apparemment malencontreuses, oublis intempestifs, actes manqués etc., Freud a brillamment étudié et décrit notre “machinerie inconsciente”.

Il suffit donc au praticien d’être attentif au message envoyé par le patient, d’en décoder le sens caché pour qu’une ou plusieurs solutions émergent.

            Je vous ramène un instant à l’époque de la marine à voile, où les bateaux transportant un malade contagieux étaient mis en quarantaine et ne pouvaient accoster au port : interdiction absolue de débarquer le malade et obligation de le soigner à bord pendant quarante jours.

La radiotéléphonie n’existait pas et la communication avec la capitainerie du port s’établissait grâce à des pavillons hissés au sommet du sémaphore.

Chaque pavillon possédait un sens alphabétique ou numérique : de part et d’autre, les observateurs pouvaient décoder ce langage métaphorique.

Or le symptôme d’une personne a, selon mon expérience, valeur de métaphore : il s’agit du pavillon hissé par le patient tout en haut de son sémaphore.

Il informe de l' état de détresse, de souffrance, de maladie, de solitude, de sentiment d’incapacité, de besoin d’aide pour traiter et résoudre la situation dans laquelle il se retrouve isolé.

Comment répondre (efficacement) autrement que par des signaux identiques ?

Notre sémaphore, à nous médecins, doit utiliser la même séquence de communication pour accéder au bon décodage, entrer dans le monde du patient, comprendre sa problématique, lui proposer de nouvelles informations qu’il pourra entendre et intégrer afin de trouver lui-même la solution le conduisant à bon port : celui de la guérison.

Il jettera ensuite l’ancre près du quai qui l’attend, celui de l’autonomie retrouvée.

La métaphore thérapeutique est facile à employer et à construire ; surtout, le patient la comprend immédiatement même s’il est enfermé - voire englué - dans une telle souffrance, qu’il lui est impossible d’en imaginer l’issue.

C'est là tout l'Art de l'Hypnose Médicale telle que nous la transmise Milton Erickson.

 

(extrait de mon livre: Du bon usage de l'hypnose, Ed Robert Laffont, Collection Réponses. Paris)

 

 

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6 mai 2017 6 06 /05 /mai /2017 10:21

Cette année, Transversales 2017 innove, une fois de plus !

Le Président du Congrès, Dr Sylvain MIMOUN, a demandé que la formule des communications évolue.

Il a confié au Dr Marie VELUIRE l'organisation du programme
avec d'ateliers pratiques sur des sujets qui nous touchent quotidiennement dans nos consultations ou dans la prise en charge des patients.

Le Conseil Scientifique composé également des 


Dr Pierre DESVAUX,
Dr Gérard RIBES
et moi-même,
avec l'aide précieuse de Stéphanie MAGNAN et Florian AÏM,

vous présente ainsi une palette diversifiée des différentes approches qui seront développées à Biarritz.

Sa particularité est d'être pragmatique, non psychiatrisante, non psychologisante.

Nul besoin d'avoir une culture "psy" bétonnée,

notre expérience clinique nous a déjà enrichis d'un immense savoir accumulé tout au long de notre pratique,

notre écoute nous a appris à décoder le non dit, voire l'indicible.

Nous vous attendons tous à Transversales 2017 pour cette nouvelle rencontre et surtout, des échanges féconds.

A très bientôt

Dr Victor SIMON.

Je vous invite à parcourir le programme, et vous y inscrire, si vous vous sentez intéressés par ces approches

https://www.os-p.fr/…/170403-Programme-TRANSVERSALES-2017.p…

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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 18:29

Google et Overblog ont décidé d'appliquer des stratégies commerciales

qui vont à l'encontre de la philosophie et l'éthique de ce Blog.

Certains vendeurs de soupe, insipide,incolore et inodore,

en mal de clientèle

payent l'achat d'espaces publicitaires pour s'incruster, sans mon accord

(tels des poux pubiens)

au sein de mon Blog dans le but de se faire de la publicité

et tenter de récupérer quelques lecteurs pour en faire des clients potentiels.

Je ne suis en rien responsable de cette manipulation publicitaire, qui me répugne,

et vous tiens informé très vite du transfert de la totalité de mon Blog vers un autre site

afin de vous éviter une telle pollution par ces marchands du Temple, aux dents longues !

A très bientôt.

Dr Victor SIMON

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25 décembre 2015 5 25 /12 /décembre /2015 11:41

Comment repérer et sortir de l'emprise des Vampires domestiques !

https://www.youtube.com/watch?v=ueWVAzDZojw

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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 18:34

Je viens de recevoir un patient cet après-midi qui m'a fait passer un moment hilarant !
Rassurez-vous, nous l'avons partagé !

 

Ce gendarme retraité, qui n'a rien d'un comique troupier, ni d'un rigolo, est venu me consulter afin de l'aider à arrêter de fumer par l'hypnose médicale.

 

Il avait déjà tenté plusieurs solutions :

 

- les patchs de nicotine, qu'il enlevait soigneusement avant de griller quelques cigarettes, pour les remettre ensuite,

- le Zyban, dont l'effet a tellement vite décru, qu'il a grillé le  "Stop"

- l'auriculothérapie, avec des bidules dans les oreilles, qui attiraient l'attention sous le képi, mauvais genre dans la brigade

- le magnétisme, avec ses tours de passe-passe, sauf l'envie de fumer,

- et surtout, accrochez-vous, LA SEMIE-HYPNOSE !

 

J'ai les cheveux, courts, très courts, mais là, je crois que j'ai dû avoir les cheveux à la brosse pendant 15 secondes !

 

Ahurissant ! Ce brave ex-pandore, m'explique le plus sérieusement du monde, qu'on lui a fortement conseillé de se faire désintoxiquer ainsi... " tu verras, deux séances et  c'est fini !"

 

Mes yeux brillent de gourmandise et je veux en savoir plus ! 

 

Je lui demande quelle est la différence avec l'hypnose "pleine", pas celle qui est coupée en deux !
Cruellement perfide, je me pose la question, à voix haute,  "si on peut être semie-enceinte, semi-cocu, ou semi-fumeur ! Je ne connaissais ces nuances, mais serais ravi de les découvrir".

 

Je vois que vous n'en pouvez plus d'attendre... voici la séance dans laquelle s'est fait enfumer ce sympathique fumeur !

 

" Fermez les yeux. Vous êtes assis dans un fauteuil très confortable et vous êtes profondément détendu ! Vous avez envie de fumer, mais vous avez décidé d'arrêter de fumer.

Vous ouvrez votre paquet de cigarettes, vous choisissez une cigarette, et vous la jetez dans une poubelle. Vous en prenez une deuxième, et vous la jetez dans la même poubelle, une troisième, et vous la jetez dans la même poubelle "....

 

Ce pauvre homme a dû endurer ce calvaire insupportable jusqu'à la 20 ème cigarette. Heureusement qu'il ne fumait pas 45 cigarettes par jour !

 

"Ensuite, vous observez cette poubelle, qui est reliée à un ballon gonflé à l'Hélium, et vous voyez cette poubelle qui s'élève dans le ciel, disparait de votre vue, vous vous sentez léger, et vous n'avez plus envie de fumer ! "

 

Le tout, deux fois, le même baratin, récité comme un Pater Noster ... à 50 € la séance.

Et en prime, une forte envie de fumer à la fin de chaque séance, suivie d'effet, bien sûr !

(Normal, la suggestion de la cigarette est permanente, accompagnée d'une frustration !)

 

Bon Dieu, qu'elle sont belles les belles volutes de fumée blanche sur fond de ciel bleu !

 

Fumante non, cette histoire ?

 

Fumasse surtout !

 

Ah, les bienfaits encore inconnus de la semie-hypnose !

 
Mais le seront-ils un jour ?
Hilarant, non ?

 


 



 


 

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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 22:35

 Triste sort que celui de découvrir un jour la dépression !

Noir c'est noir, il n'y a plus d'espoir ! Tout s'effondre autour de soi, plus le moindre intérêt à toutes les activités qui nous portaient vers le plaisir de vivre, plus de goût à rien, plus envie de dormir, de sortir, de lire, de manger, de prendre l'air, d'aller au cinéma, de recevoir ses enfants, ses amis, sa famille...

Le désert infini, comme cela, un jour, au réveil, toute la vie perd son sens et l'on se demande alors si elle a eu un jour un sens ! En tous cas, elle n'en a plus aucun, là, maintenant !

 

Tout se fige autour de soi, la vie personnelle s'évanouit dans les brumes sombres et grises d'une incertitude de vivre, la vie familiale se pétrifie : plus personne n'ose faire ou dire quoi que ce soit, de peur d'augmenter la souffrance de l'Autre, surtout quand le conjoint, en bon Ministre de la Santé Familiale, décide de ce qui est bon ou mauvais pour le déprimé.


Les enfants doivent se mettre en veilleuse pour ne pas fatiguer, contrarier, aggraver celui qui coule lentement mais sûrement et s'écroule dans une souffrance silencieuse, pathétique, parfois sans mots pour le dire !

 

Un de mes Maîtres américains en psychothérapie m'avait affirmé, avec cet humour qui le caractérisait dans ses cours, que "le déprimé était celui qui détenait le pouvoir absolu dans la maison et au sein de la famille". Le jeune étudiant que j'étais alors, plein de certitudes d'un savoir théorique mais jamais vérifié sur le terrain, avait été étonné de cette phrase que je trouvais provocatrice et malvenue. Ma question avait alors fusé, mon commentaire aussi.

 

"Attendez et Observez, mon jeune Ami", "Wait, Observe" avait-il dit.

Ensuite ?

Wait, observe !

Ma parole, il se moque de moi, pensai-je !

Vint alors la réponse, implacable : Plus rien ne peut se faire ni se décider, plus de sorties, de voyages, de vacances, de fête... toute la vie s'arrête autour du déprimé, plus personne "ne grandit" avait-il dit. Il détient un pouvoir absolu, sans jamais l'avoir pris !

"Et faites attention à la suite, parce que le conjoint va immédaitement, généreusement, spontanément, sans y réfléchir un seul instant, se mettre en position haute pour pallier la déficience et l'état de faiblesse du déprimé et prendre toutes les décisions qu'il faudra pour maintenir le plus possible l'équilibre au sein de la famille, afin que les autres n'en souffrent pas, ou pas trop.

Tant que la maladie sera dans la maison, l'équilibre de la famille sera régi de la sorte. Dès que le déprimé ira mieux, qu'il refera surface, tout le monde sera heureux, mais vous pourrez parfois observer un déséquilibre apparaître. Il voudra reprendre sa place et son pouvoir, et l'autre ne voudra pas le lâcher, non pas par goût d'un excès de pouvoir, mais parce qu'il y a trouvé un certain équilibre et qu'il a trop peur d'une rechute...

Donc il continue à "protéger" l'autre qui veut reprendre sa place momentanément perdue.


Si l'équilibre n'est pas rapidement rétabli, apparaissent alors d'autres problèmes au sein du couple puis de la famille.

Il faut toujours faire attention à l'enfant qui va prendre "le relais", comme au 4x100m, qui bien souvent va mal, discrètement, pendant cette période, ne travaille plus très bien, a des cauchemars, pleure, vient dans la chambre des parents la nuit, a des crises d'angoisse, etc. Et sort des symptômes dès que la guérison de l'autre est officialisée.

Enfant symptôme qui attire inconsciemment l'attention sur sa santé, afin que cessent les difficultés qu'il perçoit et ressent  au sein de la famille.

 

Tout l'art du thérapeute consiste à prendre en charge le déprimé, le couple et parfois la famille afin d'éviter de voir apparaître ces symptômes mortifères au sein des familles qui traversent une maladie grave telle la dépression, le cancer, ou une maladie chronique qui va évoluer sur des dizaines d'années et modifier l'équilibre intra-familial qui existait auparavant.

 

Je déprime.. nous nous battons... et nous sortons du gouffre pour vivre et revivre, enfin !
Avançons, ensemble, vers ce qui nous apporte du bonheur et de la joie, toutes les joies de la vie ! Ensemble !

 


 



 


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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 22:13

Elle est assise face à moi, fébrile, se tortillant dans ce fauteuil où elle aurait pu, l’espace d’un instant, se laisser aller à un moment de confort.



Non, elle s’agite, on dirait qu’elle est poursuivie, regarde  à droite et à gauche, comme si quelqu’un allait entrer dans cette pièce silencieuse et calme, se précipiter sur elle.
Sur ses gardes, elle est sur ses gardes… Poignant !



Elle est de noir vêtue, élégance sobre et discrète, un foulard autour du cou rehausse son teint clair et ses cheveux  blond vénitien. Un visage oblong, mince,  buriné par une longue souffrance.



C’est un flot de paroles teintées de violences, de drames, de violences qui se sont accumulées depuis l’enfance, traversées comme un tunnel sans fin, où l’on se perd dans l’obscurité, se blesse contre les parois rugueuses, et trébuche sur un chemin parsemé de pièges invisibles.



Une mère déprimée, incapable de faire face à sa dépression, qu’elle refusait d’admettre et de soigner - je ne suis pas folle, je n’ai pas besoin de voir un psychiatre ! - qui finira pas se pendre le jour d’anniversaire des 10 ans sa fille.



Un père débordé, qui rentrait à la maison après avoir bu « quelques verres avec  ses copains »… pour se détendre. 

Quelques verres, certes, qui le désinhibaient assez pour  rejoindre sa fille dans sa chambre, et lui souhaiter une bonne nuit en lui faisant tous les soirs un cunnilingus, jusqu’à l’âge de 15 ans.
Age où, n’en pouvant plus, elle lui demande d’arrêter, sous peine de le dire à toute la famille. Et l’autre d’arrêter, instantanément. Sans poser de question ni faire de commentaires.



Bien sûr une scolarité chaotique, des crises d’angoisse, des troubles du comportement avec alternance de boulimie et de vomissements, quelques expériences de pétards, quelques snifs de coke, et des soirées d’alcoolisation massive, où quelques bons copains, gentils et bienveillants, s’occupent d’elle pour lui faire découvrir une sexualité à laquelle elle n'arrive pas à se soustraire : lorsque je lui signale qu’il s’agit de viol, elle est surprise !



 

Désagrégée, elle est complètement incapable d’analyser les différents stades par lesquels elle est passée. Sa souffrance l’écrase au point qu’elle est encore au stade de survivante et cherche désespérément à maintenir la tête hors de l’eau.



Et son compagnon vient de la lui plonger à deux mètres de profondeur !



Homme violent, au verbe haut, irascible, ne supportant aucune contradiction, qu’elle a rencontré après son divorce d'un mariage de dix ans où est née une fille, âgée de 14 ans.



« Il n’était pas comme cela au début, me dit-elle. Il avait du caractère, homme brillant, qui avait des idées bien claires et précises sur toutes les choses de la vie : rassurant pour moi après ce que j’avais traversé depuis mon enfance.



Mais très vite il a pris le contrôle de moi, je n’ai eu le droit que de faire que ce qu’il voulait. Et encore ! J’ai tout fait pour lui faire plaisir. Jamais content, jamais assez bien.  Il invite ses copains et me prévient après, et je dois me débrouiller pour nourrir tout ce monde. Et puis il disparaît à la chasse le week-end, me laisse seule avec ma fille. Je me demande à quoi je sers. Une potiche qui tient la maison et organise ses plaisirs. »



Situation classique de la dépendance et de la peur de l’abandon !



En fait elle vient me voir, parce qu’elle est terrorisée.

La semaine dernière, on lui a découvert un double cancer du sein, à un stade évolué (cela ne m’étonne jamais, j’ai toujours observé une plus grande fréquence de cancers du sein chez les femmes « vampirisées »).



Lorsqu’elle a annoncé ce drame à son compagnon, il a eu un comportement ahurissant, complètement aberrant, d’une violence insupportable.



Il a quitté le salon pour se rendre dans la cuisine et sortir un grand couteau, qu’il posé sur elle,  le tranchant  sur les seins en lui disant, avec rictus sardonique  « bienvenue au Club des Mamectomisées ! »



Effroi indicible : pétrifiée, terrorisée, elle a peur, en permanence, d’un coup de folie de cet homme.



Une fois apaisée, je peux alors commencer à recadrer les différentes situations qu’elle a traversées, pour qu’elle comprenne qu’elle a un parcours de victime depuis son enfance, parcours qui l’a exposée aux prédateurs, dont le dernier vient de lui apporter le témoignage éclatant de sa perversité.




Vite, vous devez vous sauver, et sauver votre fille.  Vous allez avoir de la chimiothérapie, de la chirurgie, de la radiothérapie certainement. Il faut que vous restiez centrée sur vos soins et votre guérison, sans jamais être soumise à quelque violence que ce soit, qui détruirait à nouveau vos systèmes de défense immunitaires. Ces cancers en sont la preuve.



 

Lorsque je la revois la semaine suivante, elle est transformée, paisible, apaisée. Je note que son joli foulard  est maintenant noué autour de ses cheveux, (la chimiothérapie, bien évidemment !).



« Je n’avais jamais imaginé que je pouvais me sentir bien, me sentir libre et libérée. Après vous avoir rencontré, je suis rentrée chez moi, j'ai regroupé toutes les affaires de mon « ami » et je les ai mises dans  l’entrée. Quand il est revenu après sa chasse, je l’ai mis dehors, avec ses affaires »



« Chacun sa chasse ! Vous faites la chasse aux Vampires, en tous cas, j’ai bien compris que sa chasse aux pigeons est terminée avec vous, n’est-ce pas ?

Bravo, vous m’épatez, Madame ! »



Sourires entendus et coup d'oeil complice.



Je n’ai revu que peu de fois cette patiente épatante, qui a su, seule, faire face de façon rapide et efficace, à cette situation toxique mortifère et à sa maladie.



J’ai toujours su qu’elle avait des tonnes de ressources en elle, et qu’elle s’en sortirait !
Vous souvenez-vous des jeux de foulard de notre enfance ? Il y a des jours où l'on s'en passerait bien, de ces foulards, non ?

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 15:39

Lors du Colloque sur les violences faites aux femmes, qui s'est tenu Vendredi 25 mai 2011,


à la superbe Mairie du VI° arrondissement, face à la Place St Sulpice où  se dresse cette merveilleuse fontaine qui nous fait oublier que l'on est au coeur d'un Paris fébrile, et nous transporte à Rome... mais non, j'étais dans une des plus belles places de Paris,


je devais également traiter du sujet de l'Aliénation Parentale, mais en raison d'impératifs horaires stricts, je n'ai pu que l'effleurer rapidement, laissant sur leur faim un certain nombre de participants qui m'ont posé toutes sortes de questions après le Colloque.


Je leur ai promis de leur en dire un peu plus, ce sera chose faite à la lecture de ce texte.

 

  L’aliénation parentale est un processus qui consiste à programmer un enfant pour qu’il haïsse un de ses parents sans que ce soit justifié. Elle est la conséquence de la bataille mise en place au sein d'un couple qui dysfonctionne sévèrement ou va se séparer.

 

L'un des deux conjoints estimant être meilleur parent que l'autre, met en place une stratégie de disqualification de l'autre, n'hésitant pas à critiquer, sur-interpréter, voire détourner des propos tenus par son conjoint, donnant ainsi à l'enfant une interprétation fausse de la réalité.

 

L'enfant, trop jeune pour discrimer les composantes de ce conflit, lié par une loyauté à ce parent, entre alors dans ce système pervers, sans jamais le savoir ni l'identifier, et devient alors "l'enfant soldat" qui prend alors la défense de ce parent qu'il aime et qui semble être pour lui un bon modèle !

 

Il ne sait pas que ce parent est animé d'une colère inextinguible, la rage d'être abandonné(e), la jalousie aussi de voir l'autre s'en tirer à peu de frais, de se tirer aussi en laissant tomber froidement ou de façon conflictuelle sa famille;

 

Rancoeur inexprimée ou inexprimable, parce que l'Autre, s'est fait la valise, et vogue ou nage dans un bonheur insupportable !

 

Ce pilonnage verbal et psychologique intensif, répétitif, associé au chagrin et au mal-être ambiant du parent qui élève l'enfant, le rend encore plus solidaire de celle ou celui qui se sent abandonné et victimisé.

De fait, le lien paternel ou maternel, volontairement distendu s'effiloche lentement pour se rompre définitivement.

 

L'enfat devient alors "orphelin" d'un parent vivant, qu'il a aimé, et qui le plus souvent l'aime encore et se sent engagé vis-à-vis de lui.

 

Enfant otage d'un règlement de compte d'adultes,

Enfant soldat d'une guerre qui ne le concerne pas, qu'il mène sans armes,

Enfant orphelin d'une parent vivant

Enfant écrasé dans une souffrance indicible, incommunicale et intime.

 

Comment survivre sinon devenir fou ?

 

Fou de tristesse, de douleur, de colère, de solitude, d'un chagrin sans fond, de cette situation qui le dépasse, à 8 ans, il est déjà adulte, s'est mis en protecteur de ce parent qui l'élève, lui dit l'aimer, lui fait jouer un rôle d'adulre et le contraint à vivre un âge clandestin d'adulte de 30 ou 35 ans supérieur à son âge réel,

SANS JAMAIS EN AVOIR LA COMPETENCE...

C'est cela qui le rend dépressif, occasionne des problèmes de scolarité, des troubles du comportement : crises d'angoisse, cauchemars, dépression, violence et plus tard comportement anti-sociaux, puisqu'il a bien appris à détruire, sous la conduite d'un adulte aimé,  les relations familiales, sociales, et les règles qui régissent les rapports humains.

L'alcool, la drogue, la sexualité débridée ou sauvage, serviront de pare-excitation ou de sédatifs, selon les circonstances et les contextes traversés.

Avec la dépression, les scarifications et une plus grande propension au suicide.

L'apparition aussi de comportements "border line"...

Réussite totale, enfin !

Merci, je deviens fou ...

 

Et surtout, un jour, au stade adulte, la prise de conscience d'avoir été un jouet, une marionnette entre les mains de celui ou celle qui s'est servi de lui, comme Cheval de Troie, pour aller démolir l'Autre en face,

avec l'appui de la Justice le plus souvent, qui au nom de la protection de l'enfance, sans jamais avoir accès à la réalité des faits, prive un des deux  parents de jamais rencontrer ou revoir, ou héberger cet enfant qui a détruit, sans jamais le soupconner, le liendéfinitivement rompu avec son autre parent jadis aimé, qui bien souvent l'aime encore, mais devenu totalement étranger.

 

Drame humain, dramaturgie antique,

où l'Homme devient un Loup pour l'Homme,

et n'hésite pas à tuer symboliquement sa Meute.

 

"Gémir, pleurer, prier est également lâche.
Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
Dans la voie où le Sort a voulu t'appeler,
Puis après, comme moi, souffre et meurs sans parler. "

La Mort du Loup - Alfred de Vigny

 


 


 




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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 21:39

Bonjour, Docteur, je suis  TOC !

Bonjour Monsieur TOC, enchanté, je suis Victor SIMON

Bonjour Docteur, je suis  TCA

Bonjour Madame TCA, enchanté, je suis Victor SIMON,

déposez le là, votreTOC, votre TCA, là, tout près de moi, que je le surveille pendant que vous me parlez de lui. Je ne le quitte pas du regard, on ne sait jamais...

 

Effarante, cette propension à se coller une étiquette sur le front et bien la pointer de l'index, la souligner, la surligner, pour qu'on ne voit qu'elle, pas ce qui se passe en-dessous, en profondeur.

Parlons de l'accessoire, jamais de l'essentiel.

 

Cet après-midi, j'ai vu juste quelques instants, une patiente, adressée par une Collègue, qui me la présentait : Dépression .. mmh mmh, (on pousse plus loin) ... mort du mari... terrible drame incommunicable, mort du Père, deuil impossible ... oui mais... à la mort du mari, Madame s'est réfugiée chez son père, qui la viole ... pour la consoler de cette perte si chère.

La boucle de l'horreur est bouclée.

Madame déprime, fume, boit, et présente manifestement des épisodes dissociatifs dans lesquels elle se perd : terra incognita... du Syndrome Post Traumatique.

Elle me dit aussi avoir  réussi à arrêter de fumer en une séance d'hypnose, il y a quelques années, mais a rechuté en un an.

Maigre succès. Je me doute du nom de celui qui lui a fait cette séance, qui se targue de faire arrêter de fumer en une fois.

Ce qu'il oublie de dire, mais le sait-il ou s'en fout-il, c'est qu'on ne peut faire disparaître un plaisir (le tabac, ce faux ami), sans le remplacer par un autre plaisir. L'angoisse apparaît aussitôt, la sensation de vide aussi ... Les sites de la récompense ne sont jamais en grève ni en retard. Départ immédiat à destination inconnue.

Et puis qu'enfume-t-on autour de soi derrière les volutes de fumée blanches et bleues ?

Pfffft, regard au ciel, pincement réprobateur des lèvres. 

Ce qui explique que Madame à l'arrêt du tabac a naturellement pris le ticket du chemin d'enfer de sa cave, a commencé à picoler gentiment et à gentiment boulloter chaque jour un peu plus. Tu parles d'un succès !

Quand j'explique à cette dame que je refuse de la prendre en charge pour l'arrêt du tabac en une séance, mais qu'il en faut trois, elle proteste énergiquement.

Son regard noir me jette des éclairs furibards, ma parole, elle me prend pour un escroc !

Vous voulez peut être manger plus et picoler un peu plus, c'est celà ? Et vous venez me demander cela ? Y'a un malentendu entre nous, je ne fais pas ça. Pas moi.

Long silence de sa part. Elle est en train de prendre conscience de la vanité de sa démarche.

Je l'incite à réfléchir et à prendre ses rendez-vous demain ou un autre jour.

 

Il y a 15 jours, ma consultation s 'est interrompue au bout de 10 mn :

Je viens vous demander de boire moins de vin rouge, me dit cette femme franchement hostile. Elle en boit environ 2l, ce qui veut dire plus.

Je mets ce comportement vis-à-vis de moi sur le compte de sa détresse, de la honte qu'elle peut éprouver dans sa démarche.

Passer à deux ou trois verres tous les jours, bien sûr un peu plus le week-end. Vous comprenez, n'est-ce pas ?

Oui j'ai parfaitement compris, Madame. Vous souhaitez juste boire moins, et continuer à boire en même temps. C'est bien cela ?

Oui, c'est ça !

Savez-vous qu'on ne parle jamais de corde dans la maison d'un pendu ? et qu'il n'y en a jamais plus dans cette maison ?

Je ne vois pas de quoi vous parlez ! Elle s'agite sur le fauteuil,  elle regrette d'être venue, c'est évident.

Simplement, il ne peut y avoir d'alcool dans la maison de celui qui veut arrêter de boire.

Elle se lève, furieuse, et s'en va en claquant la porte.

Je suis persuadé que si je l'avais prise en thérapie, elle m'aurait scalpé et j'aurais déclaré forfait au bout de 3 ou 4 séances.

 

Bouffe, Tabac, alcool, toxiques, toujours la même histoire.

On veut arrêter sans en avoir envie.

Comment se remplir vite quand toute la vie est vide de sentiments, d'émotions, d'amour, de tendresse, d'attention et que ce vide intersidéral est insupportable à vivre ici.

La seule issue est de se remplir VITE, TRES VITE, sinon tout les systèmes de survie s'effondrent.

Chacun d'entre nous réagit alors en fonction des apprentissages très précoces, infantiles, et se remplira pour retrouver "la plénitude du nourrisson gavé du sein maternel".

Carlos, le chanteur, savait ce qu'il disait quand il chantait " j'ai la peau du ventre bien tendue" et remerciait Jésus plutôt que sa mère, Françoise Dolto. Image internalisée d'une mauvaise mère, allez savoir ?

 

Ce sont là les invasions barbares qui sans cesse passent et repassent nos frontères effondrées, nous dévastent jusqu'à ce moment, impalpable, où l'esprit se révolte contre cette dépendance et cette assuétude, et se met en route pour se transformer en combattant de la liberté.

Liberté du corps, liberté des sens, liberté de l'esprit.

Je suis ce guerilléro qui les accompagne.

 




 

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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 22:05

Il est là, devant moi, le regard suppliant,  caché derrière un gentil sourire, implorant ...


Mais qu'a-t-il de si douloureux cet homme au regard doux, qui me parle doucement, penché vers moi, comme s'il fallait que personne n'entende notre conversation dans cette pièce chaleureuse où tout est en place pour qu'il se livre, et surtout se délivre des poids de sa vie.

 

Il me parle des chaussures de femmes, véritable addiction, que sans cesse il achète, à des femmes inconnues qui acceptent ce cadeau qu'il leur offre.

 

Une ou deux fois par semaine, il les aborde dans la rue, leur parle de la beauté éblouissante de leur pied, qui le trouble et l'émeut, qu'il veut caresser, masser, embrasser, revêtir d'un soulier, Cendrillons improbables d'un Prince Charmant éperdu dans sa recherche, sa tourmente qui sans cesse l'obsède : embrasser le pied d'une femme qu'il a chaussée d'une paire de chaussures neuves flambantes et parfumées,  fleurant bon ces odeurs de cuir, de colle et de vernis cellulosiques.

 

Il me parle de cette idée qui sans  cesse l'obsède, du matin au soir, du soir au matin, jusqu'au moment où... il quitte son bureau pour céder à cette pulsion irrésistible ! Et se sent ensuite coupable.

 

Mon manque d'étonnement ou de commentaires le trouble. Je lui dit que pour moi, tout est normal.


Tout symptome, tout comportement, même pathologique, est le résultat d'une interaction particulière, un dysfonctionnement dans la communication qui affecte sa relation aux autres, le tout dans un contexte particulier, qu'il reste à étudier avant toute chose.

 

Symptôme = contexte + interaction pathologiques .... il comprend mieux, normal, c'est un gestionnaire de haut niveau !

 

Il ne veut pas encore aborder ces deux niveaux, veut d'abord évacuer sa souffrance.

Je le rassure et l'assure de toute ma bienveillante attention, mais je vois bien qu'il me regarde en coin.

"j'ai déjà entendu parler de vous et de vos techniques bull-dozzer" me dit-il dans un demi-sourire, "mais j'accepte ce risque, je n'en peux plus ! ".

 

Puisqu'il me donne le feu vert,  je soupçonne même qu'il en redemande, je lui assène, avec mon sourire cruellement bienveillant

 

" En fait, vous voulez me faire croire que vous prenez votre pied en baisant...pardon en couvrant de baisers le pied des femmes !"

A l'Elysée, on donne dans le baise-main, vous c'est dans la baise... pied, c'est cela ?

 

One shot, one kill, telle est la devise des Snipers de l'US Army ! La mienne aussi.

En plein dedans !


C'est-à-dire que nous allons dans une chambre d'hôtel où je leur embrasse les pieds,

ça me fait jouir très fort, bien plus qu'en faisant l'amour !

Oui, bien sûr, et il vous faut une chambre d'hôtel pour cela ? Pourquoi pas au Parking de Carrefour, d'Auchan ou de Castorama ?

Parce qu'il faut qu'elle me frappe, me fouette et me griffe, ça me fait jouir comme une bête !

 

Nous y voilà !

Du fétichisme au S.M, nous avons glissé à toute vitesse au noeud gordien du problème... qu'il va falloir couper gentiment pour que cet homme ne s'effondre pas : rien n'est en place pour remplacer ce plaisir improbable.

 

Je ne suis pas sûr qu'il en ait envie, système archaïque ancré en lui, qui doit remonter à sa petite-petite enfance,

 

Oui effectivement, à 5 ans, j'avais déjà cette excitation et un jour ma tante, dont j'étais amoureux, m'a caressé le visage avec son pied, j'étais allongé sur la pelouse, et ça m'a donné envie d'embrasser son pied...

 

Le pied comme objet transitionnel, nous y voilà...

Le gros orteil comme tétine, ou comme pouce,

la chaussure comme Trou Primordial, réceptacle du plaisir.

 

La Thérapie va commencer, brève comme toujours.


Aborder l'âge clandestin, très vite, celui qui perdure encore,

le faire grandir, très vite, pour le ramener à son âge officiel,

celui d'être presque grand-père, alors qu'il "joue" 5 ans clandestins !

 

Quelle souffrance, trainer un boulet de cet ordre, au pied, depuis 50 ans.

Préparez les pinces et les marteaux : ça va cogner !
Pour être libre et libéré !

 

Sourire de connivence... nous venons de signer un contrat implicite : faut qu'ça change !

 

Du désir au plaisir de changer ... toute une histoire !


 


 


 


 

 



 


 

 


 


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  • : Comment l'hypnose ericksonienne peut être utilisée en médecine praticienne quotidienne et en psychothérapie. Utilisation complémentaire de la Thérapie Brève , de la Thérapie famiiale dans la troubles individuels, du couple, de la famille. Dans les violences faites aux femmes également.
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