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25 décembre 2015 5 25 /12 /décembre /2015 11:41

Comment repérer et sortir de l'emprise des Vampires domestiques !

https://www.youtube.com/watch?v=ueWVAzDZojw

Published by Dr Victor SIMON
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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 19:34

Je viens de recevoir un patient cet après-midi qui m'a fait passer un moment hilarant !
Rassurez-vous, nous l'avons partagé !

 

Ce gendarme retraité, qui n'a rien d'un comique troupier, ni d'un rigolo, est venu me consulter afin de l'aider à arrêter de fumer par l'hypnose médicale.

 

Il avait déjà tenté plusieurs solutions :

 

- les patchs de nicotine, qu'il enlevait soigneusement avant de griller quelques cigarettes, pour les remettre ensuite,

- le Zyban, dont l'effet a tellement vite décru, qu'il a grillé le  "Stop"

- l'auriculothérapie, avec des bidules dans les oreilles, qui attiraient l'attention sous le képi, mauvais genre dans la brigade

- le magnétisme, avec ses tours de passe-passe, sauf l'envie de fumer,

- et surtout, accrochez-vous, LA SEMIE-HYPNOSE !

 

J'ai les cheveux, courts, très courts, mais là, je crois que j'ai dû avoir les cheveux à la brosse pendant 15 secondes !

 

Ahurissant ! Ce brave ex-pandore, m'explique le plus sérieusement du monde, qu'on lui a fortement conseillé de se faire désintoxiquer ainsi... " tu verras, deux séances et  c'est fini !"

 

Mes yeux brillent de gourmandise et je veux en savoir plus ! 

 

Je lui demande quelle est la différence avec l'hypnose "pleine", pas celle qui est coupée en deux !
Cruellement perfide, je me pose la question, à voix haute,  "si on peut être semie-enceinte, semi-cocu, ou semi-fumeur ! Je ne connaissais ces nuances, mais serais ravi de les découvrir".

 

Je vois que vous n'en pouvez plus d'attendre... voici la séance dans laquelle s'est fait enfumer ce sympathique fumeur !

 

" Fermez les yeux. Vous êtes assis dans un fauteuil très confortable et vous êtes profondément détendu ! Vous avez envie de fumer, mais vous avez décidé d'arrêter de fumer.

Vous ouvrez votre paquet de cigarettes, vous choisissez une cigarette, et vous la jetez dans une poubelle. Vous en prenez une deuxième, et vous la jetez dans la même poubelle, une troisième, et vous la jetez dans la même poubelle "....

 

Ce pauvre homme a dû endurer ce calvaire insupportable jusqu'à la 20 ème cigarette. Heureusement qu'il ne fumait pas 45 cigarettes par jour !

 

"Ensuite, vous observez cette poubelle, qui est reliée à un ballon gonflé à l'Hélium, et vous voyez cette poubelle qui s'élève dans le ciel, disparait de votre vue, vous vous sentez léger, et vous n'avez plus envie de fumer ! "

 

Le tout, deux fois, le même baratin, récité comme un Pater Noster ... à 50 € la séance.

Et en prime, une forte envie de fumer à la fin de chaque séance, suivie d'effet, bien sûr !

(Normal, la suggestion de la cigarette est permanente, accompagnée d'une frustration !)

 

Bon Dieu, qu'elle sont belles les belles volutes de fumée blanche sur fond de ciel bleu !

 

Fumante non, cette histoire ?

 

Fumasse surtout !

 

Ah, les bienfaits encore inconnus de la semie-hypnose !

 
Mais le seront-ils un jour ?
Hilarant, non ?

 


 



 


 

Published by Dr Victor SIMON
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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 22:35

 Triste sort que celui de découvrir un jour la dépression !

Noir c'est noir, il n'y a plus d'espoir ! Tout s'effondre autour de soi, plus le moindre intérêt à toutes les activités qui nous portaient vers le plaisir de vivre, plus de goût à rien, plus envie de dormir, de sortir, de lire, de manger, de prendre l'air, d'aller au cinéma, de recevoir ses enfants, ses amis, sa famille...

Le désert infini, comme cela, un jour, au réveil, toute la vie perd son sens et l'on se demande alors si elle a eu un jour un sens ! En tous cas, elle n'en a plus aucun, là, maintenant !

 

Tout se fige autour de soi, la vie personnelle s'évanouit dans les brumes sombres et grises d'une incertitude de vivre, la vie familiale se pétrifie : plus personne n'ose faire ou dire quoi que ce soit, de peur d'augmenter la souffrance de l'Autre, surtout quand le conjoint, en bon Ministre de la Santé Familiale, décide de ce qui est bon ou mauvais pour le déprimé.


Les enfants doivent se mettre en veilleuse pour ne pas fatiguer, contrarier, aggraver celui qui coule lentement mais sûrement et s'écroule dans une souffrance silencieuse, pathétique, parfois sans mots pour le dire !

 

Un de mes Maîtres américains en psychothérapie m'avait affirmé, avec cet humour qui le caractérisait dans ses cours, que "le déprimé était celui qui détenait le pouvoir absolu dans la maison et au sein de la famille". Le jeune étudiant que j'étais alors, plein de certitudes d'un savoir théorique mais jamais vérifié sur le terrain, avait été étonné de cette phrase que je trouvais provocatrice et malvenue. Ma question avait alors fusé, mon commentaire aussi.

 

"Attendez et Observez, mon jeune Ami", "Wait, Observe" avait-il dit.

Ensuite ?

Wait, observe !

Ma parole, il se moque de moi, pensai-je !

Vint alors la réponse, implacable : Plus rien ne peut se faire ni se décider, plus de sorties, de voyages, de vacances, de fête... toute la vie s'arrête autour du déprimé, plus personne "ne grandit" avait-il dit. Il détient un pouvoir absolu, sans jamais l'avoir pris !

"Et faites attention à la suite, parce que le conjoint va immédaitement, généreusement, spontanément, sans y réfléchir un seul instant, se mettre en position haute pour pallier la déficience et l'état de faiblesse du déprimé et prendre toutes les décisions qu'il faudra pour maintenir le plus possible l'équilibre au sein de la famille, afin que les autres n'en souffrent pas, ou pas trop.

Tant que la maladie sera dans la maison, l'équilibre de la famille sera régi de la sorte. Dès que le déprimé ira mieux, qu'il refera surface, tout le monde sera heureux, mais vous pourrez parfois observer un déséquilibre apparaître. Il voudra reprendre sa place et son pouvoir, et l'autre ne voudra pas le lâcher, non pas par goût d'un excès de pouvoir, mais parce qu'il y a trouvé un certain équilibre et qu'il a trop peur d'une rechute...

Donc il continue à "protéger" l'autre qui veut reprendre sa place momentanément perdue.


Si l'équilibre n'est pas rapidement rétabli, apparaissent alors d'autres problèmes au sein du couple puis de la famille.

Il faut toujours faire attention à l'enfant qui va prendre "le relais", comme au 4x100m, qui bien souvent va mal, discrètement, pendant cette période, ne travaille plus très bien, a des cauchemars, pleure, vient dans la chambre des parents la nuit, a des crises d'angoisse, etc. Et sort des symptômes dès que la guérison de l'autre est officialisée.

Enfant symptôme qui attire inconsciemment l'attention sur sa santé, afin que cessent les difficultés qu'il perçoit et ressent  au sein de la famille.

 

Tout l'art du thérapeute consiste à prendre en charge le déprimé, le couple et parfois la famille afin d'éviter de voir apparaître ces symptômes mortifères au sein des familles qui traversent une maladie grave telle la dépression, le cancer, ou une maladie chronique qui va évoluer sur des dizaines d'années et modifier l'équilibre intra-familial qui existait auparavant.

 

Je déprime.. nous nous battons... et nous sortons du gouffre pour vivre et revivre, enfin !
Avançons, ensemble, vers ce qui nous apporte du bonheur et de la joie, toutes les joies de la vie ! Ensemble !

 


 



 


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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 22:13

Elle est assise face à moi, fébrile, se tortillant dans ce fauteuil où elle aurait pu, l’espace d’un instant, se laisser aller à un moment de confort.



Non, elle s’agite, on dirait qu’elle est poursuivie, regarde  à droite et à gauche, comme si quelqu’un allait entrer dans cette pièce silencieuse et calme, se précipiter sur elle.
Sur ses gardes, elle est sur ses gardes… Poignant !



Elle est de noir vêtue, élégance sobre et discrète, un foulard autour du cou rehausse son teint clair et ses cheveux  blond vénitien. Un visage oblong, mince,  buriné par une longue souffrance.



C’est un flot de paroles teintées de violences, de drames, de violences qui se sont accumulées depuis l’enfance, traversées comme un tunnel sans fin, où l’on se perd dans l’obscurité, se blesse contre les parois rugueuses, et trébuche sur un chemin parsemé de pièges invisibles.



Une mère déprimée, incapable de faire face à sa dépression, qu’elle refusait d’admettre et de soigner - je ne suis pas folle, je n’ai pas besoin de voir un psychiatre ! - qui finira pas se pendre le jour d’anniversaire des 10 ans sa fille.



Un père débordé, qui rentrait à la maison après avoir bu « quelques verres avec  ses copains »… pour se détendre. 

Quelques verres, certes, qui le désinhibaient assez pour  rejoindre sa fille dans sa chambre, et lui souhaiter une bonne nuit en lui faisant tous les soirs un cunnilingus, jusqu’à l’âge de 15 ans.
Age où, n’en pouvant plus, elle lui demande d’arrêter, sous peine de le dire à toute la famille. Et l’autre d’arrêter, instantanément. Sans poser de question ni faire de commentaires.



Bien sûr une scolarité chaotique, des crises d’angoisse, des troubles du comportement avec alternance de boulimie et de vomissements, quelques expériences de pétards, quelques snifs de coke, et des soirées d’alcoolisation massive, où quelques bons copains, gentils et bienveillants, s’occupent d’elle pour lui faire découvrir une sexualité à laquelle elle n'arrive pas à se soustraire : lorsque je lui signale qu’il s’agit de viol, elle est surprise !



 

Désagrégée, elle est complètement incapable d’analyser les différents stades par lesquels elle est passée. Sa souffrance l’écrase au point qu’elle est encore au stade de survivante et cherche désespérément à maintenir la tête hors de l’eau.



Et son compagnon vient de la lui plonger à deux mètres de profondeur !



Homme violent, au verbe haut, irascible, ne supportant aucune contradiction, qu’elle a rencontré après son divorce d'un mariage de dix ans où est née une fille, âgée de 14 ans.



« Il n’était pas comme cela au début, me dit-elle. Il avait du caractère, homme brillant, qui avait des idées bien claires et précises sur toutes les choses de la vie : rassurant pour moi après ce que j’avais traversé depuis mon enfance.



Mais très vite il a pris le contrôle de moi, je n’ai eu le droit que de faire que ce qu’il voulait. Et encore ! J’ai tout fait pour lui faire plaisir. Jamais content, jamais assez bien.  Il invite ses copains et me prévient après, et je dois me débrouiller pour nourrir tout ce monde. Et puis il disparaît à la chasse le week-end, me laisse seule avec ma fille. Je me demande à quoi je sers. Une potiche qui tient la maison et organise ses plaisirs. »



Situation classique de la dépendance et de la peur de l’abandon !



En fait elle vient me voir, parce qu’elle est terrorisée.

La semaine dernière, on lui a découvert un double cancer du sein, à un stade évolué (cela ne m’étonne jamais, j’ai toujours observé une plus grande fréquence de cancers du sein chez les femmes « vampirisées »).



Lorsqu’elle a annoncé ce drame à son compagnon, il a eu un comportement ahurissant, complètement aberrant, d’une violence insupportable.



Il a quitté le salon pour se rendre dans la cuisine et sortir un grand couteau, qu’il posé sur elle,  le tranchant  sur les seins en lui disant, avec rictus sardonique  « bienvenue au Club des Mamectomisées ! »



Effroi indicible : pétrifiée, terrorisée, elle a peur, en permanence, d’un coup de folie de cet homme.



Une fois apaisée, je peux alors commencer à recadrer les différentes situations qu’elle a traversées, pour qu’elle comprenne qu’elle a un parcours de victime depuis son enfance, parcours qui l’a exposée aux prédateurs, dont le dernier vient de lui apporter le témoignage éclatant de sa perversité.




Vite, vous devez vous sauver, et sauver votre fille.  Vous allez avoir de la chimiothérapie, de la chirurgie, de la radiothérapie certainement. Il faut que vous restiez centrée sur vos soins et votre guérison, sans jamais être soumise à quelque violence que ce soit, qui détruirait à nouveau vos systèmes de défense immunitaires. Ces cancers en sont la preuve.



 

Lorsque je la revois la semaine suivante, elle est transformée, paisible, apaisée. Je note que son joli foulard  est maintenant noué autour de ses cheveux, (la chimiothérapie, bien évidemment !).



« Je n’avais jamais imaginé que je pouvais me sentir bien, me sentir libre et libérée. Après vous avoir rencontré, je suis rentrée chez moi, j'ai regroupé toutes les affaires de mon « ami » et je les ai mises dans  l’entrée. Quand il est revenu après sa chasse, je l’ai mis dehors, avec ses affaires »



« Chacun sa chasse ! Vous faites la chasse aux Vampires, en tous cas, j’ai bien compris que sa chasse aux pigeons est terminée avec vous, n’est-ce pas ?

Bravo, vous m’épatez, Madame ! »



Sourires entendus et coup d'oeil complice.



Je n’ai revu que peu de fois cette patiente épatante, qui a su, seule, faire face de façon rapide et efficace, à cette situation toxique mortifère et à sa maladie.



J’ai toujours su qu’elle avait des tonnes de ressources en elle, et qu’elle s’en sortirait !
Vous souvenez-vous des jeux de foulard de notre enfance ? Il y a des jours où l'on s'en passerait bien, de ces foulards, non ?

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 15:39

Lors du Colloque sur les violences faites aux femmes, qui s'est tenu Vendredi 25 mai 2011,


à la superbe Mairie du VI° arrondissement, face à la Place St Sulpice où  se dresse cette merveilleuse fontaine qui nous fait oublier que l'on est au coeur d'un Paris fébrile, et nous transporte à Rome... mais non, j'étais dans une des plus belles places de Paris,


je devais également traiter du sujet de l'Aliénation Parentale, mais en raison d'impératifs horaires stricts, je n'ai pu que l'effleurer rapidement, laissant sur leur faim un certain nombre de participants qui m'ont posé toutes sortes de questions après le Colloque.


Je leur ai promis de leur en dire un peu plus, ce sera chose faite à la lecture de ce texte.

 

  L’aliénation parentale est un processus qui consiste à programmer un enfant pour qu’il haïsse un de ses parents sans que ce soit justifié. Elle est la conséquence de la bataille mise en place au sein d'un couple qui dysfonctionne sévèrement ou va se séparer.

 

L'un des deux conjoints estimant être meilleur parent que l'autre, met en place une stratégie de disqualification de l'autre, n'hésitant pas à critiquer, sur-interpréter, voire détourner des propos tenus par son conjoint, donnant ainsi à l'enfant une interprétation fausse de la réalité.

 

L'enfant, trop jeune pour discrimer les composantes de ce conflit, lié par une loyauté à ce parent, entre alors dans ce système pervers, sans jamais le savoir ni l'identifier, et devient alors "l'enfant soldat" qui prend alors la défense de ce parent qu'il aime et qui semble être pour lui un bon modèle !

 

Il ne sait pas que ce parent est animé d'une colère inextinguible, la rage d'être abandonné(e), la jalousie aussi de voir l'autre s'en tirer à peu de frais, de se tirer aussi en laissant tomber froidement ou de façon conflictuelle sa famille;

 

Rancoeur inexprimée ou inexprimable, parce que l'Autre, s'est fait la valise, et vogue ou nage dans un bonheur insupportable !

 

Ce pilonnage verbal et psychologique intensif, répétitif, associé au chagrin et au mal-être ambiant du parent qui élève l'enfant, le rend encore plus solidaire de celle ou celui qui se sent abandonné et victimisé.

De fait, le lien paternel ou maternel, volontairement distendu s'effiloche lentement pour se rompre définitivement.

 

L'enfat devient alors "orphelin" d'un parent vivant, qu'il a aimé, et qui le plus souvent l'aime encore et se sent engagé vis-à-vis de lui.

 

Enfant otage d'un règlement de compte d'adultes,

Enfant soldat d'une guerre qui ne le concerne pas, qu'il mène sans armes,

Enfant orphelin d'une parent vivant

Enfant écrasé dans une souffrance indicible, incommunicale et intime.

 

Comment survivre sinon devenir fou ?

 

Fou de tristesse, de douleur, de colère, de solitude, d'un chagrin sans fond, de cette situation qui le dépasse, à 8 ans, il est déjà adulte, s'est mis en protecteur de ce parent qui l'élève, lui dit l'aimer, lui fait jouer un rôle d'adulre et le contraint à vivre un âge clandestin d'adulte de 30 ou 35 ans supérieur à son âge réel,

SANS JAMAIS EN AVOIR LA COMPETENCE...

C'est cela qui le rend dépressif, occasionne des problèmes de scolarité, des troubles du comportement : crises d'angoisse, cauchemars, dépression, violence et plus tard comportement anti-sociaux, puisqu'il a bien appris à détruire, sous la conduite d'un adulte aimé,  les relations familiales, sociales, et les règles qui régissent les rapports humains.

L'alcool, la drogue, la sexualité débridée ou sauvage, serviront de pare-excitation ou de sédatifs, selon les circonstances et les contextes traversés.

Avec la dépression, les scarifications et une plus grande propension au suicide.

L'apparition aussi de comportements "border line"...

Réussite totale, enfin !

Merci, je deviens fou ...

 

Et surtout, un jour, au stade adulte, la prise de conscience d'avoir été un jouet, une marionnette entre les mains de celui ou celle qui s'est servi de lui, comme Cheval de Troie, pour aller démolir l'Autre en face,

avec l'appui de la Justice le plus souvent, qui au nom de la protection de l'enfance, sans jamais avoir accès à la réalité des faits, prive un des deux  parents de jamais rencontrer ou revoir, ou héberger cet enfant qui a détruit, sans jamais le soupconner, le liendéfinitivement rompu avec son autre parent jadis aimé, qui bien souvent l'aime encore, mais devenu totalement étranger.

 

Drame humain, dramaturgie antique,

où l'Homme devient un Loup pour l'Homme,

et n'hésite pas à tuer symboliquement sa Meute.

 

"Gémir, pleurer, prier est également lâche.
Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
Dans la voie où le Sort a voulu t'appeler,
Puis après, comme moi, souffre et meurs sans parler. "

La Mort du Loup - Alfred de Vigny

 


 


 




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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 21:39

Bonjour, Docteur, je suis  TOC !

Bonjour Monsieur TOC, enchanté, je suis Victor SIMON

Bonjour Docteur, je suis  TCA

Bonjour Madame TCA, enchanté, je suis Victor SIMON,

déposez le là, votreTOC, votre TCA, là, tout près de moi, que je le surveille pendant que vous me parlez de lui. Je ne le quitte pas du regard, on ne sait jamais...

 

Effarante, cette propension à se coller une étiquette sur le front et bien la pointer de l'index, la souligner, la surligner, pour qu'on ne voit qu'elle, pas ce qui se passe en-dessous, en profondeur.

Parlons de l'accessoire, jamais de l'essentiel.

 

Cet après-midi, j'ai vu juste quelques instants, une patiente, adressée par une Collègue, qui me la présentait : Dépression .. mmh mmh, (on pousse plus loin) ... mort du mari... terrible drame incommunicable, mort du Père, deuil impossible ... oui mais... à la mort du mari, Madame s'est réfugiée chez son père, qui la viole ... pour la consoler de cette perte si chère.

La boucle de l'horreur est bouclée.

Madame déprime, fume, boit, et présente manifestement des épisodes dissociatifs dans lesquels elle se perd : terra incognita... du Syndrome Post Traumatique.

Elle me dit aussi avoir  réussi à arrêter de fumer en une séance d'hypnose, il y a quelques années, mais a rechuté en un an.

Maigre succès. Je me doute du nom de celui qui lui a fait cette séance, qui se targue de faire arrêter de fumer en une fois.

Ce qu'il oublie de dire, mais le sait-il ou s'en fout-il, c'est qu'on ne peut faire disparaître un plaisir (le tabac, ce faux ami), sans le remplacer par un autre plaisir. L'angoisse apparaît aussitôt, la sensation de vide aussi ... Les sites de la récompense ne sont jamais en grève ni en retard. Départ immédiat à destination inconnue.

Et puis qu'enfume-t-on autour de soi derrière les volutes de fumée blanches et bleues ?

Pfffft, regard au ciel, pincement réprobateur des lèvres. 

Ce qui explique que Madame à l'arrêt du tabac a naturellement pris le ticket du chemin d'enfer de sa cave, a commencé à picoler gentiment et à gentiment boulloter chaque jour un peu plus. Tu parles d'un succès !

Quand j'explique à cette dame que je refuse de la prendre en charge pour l'arrêt du tabac en une séance, mais qu'il en faut trois, elle proteste énergiquement.

Son regard noir me jette des éclairs furibards, ma parole, elle me prend pour un escroc !

Vous voulez peut être manger plus et picoler un peu plus, c'est celà ? Et vous venez me demander cela ? Y'a un malentendu entre nous, je ne fais pas ça. Pas moi.

Long silence de sa part. Elle est en train de prendre conscience de la vanité de sa démarche.

Je l'incite à réfléchir et à prendre ses rendez-vous demain ou un autre jour.

 

Il y a 15 jours, ma consultation s 'est interrompue au bout de 10 mn :

Je viens vous demander de boire moins de vin rouge, me dit cette femme franchement hostile. Elle en boit environ 2l, ce qui veut dire plus.

Je mets ce comportement vis-à-vis de moi sur le compte de sa détresse, de la honte qu'elle peut éprouver dans sa démarche.

Passer à deux ou trois verres tous les jours, bien sûr un peu plus le week-end. Vous comprenez, n'est-ce pas ?

Oui j'ai parfaitement compris, Madame. Vous souhaitez juste boire moins, et continuer à boire en même temps. C'est bien cela ?

Oui, c'est ça !

Savez-vous qu'on ne parle jamais de corde dans la maison d'un pendu ? et qu'il n'y en a jamais plus dans cette maison ?

Je ne vois pas de quoi vous parlez ! Elle s'agite sur le fauteuil,  elle regrette d'être venue, c'est évident.

Simplement, il ne peut y avoir d'alcool dans la maison de celui qui veut arrêter de boire.

Elle se lève, furieuse, et s'en va en claquant la porte.

Je suis persuadé que si je l'avais prise en thérapie, elle m'aurait scalpé et j'aurais déclaré forfait au bout de 3 ou 4 séances.

 

Bouffe, Tabac, alcool, toxiques, toujours la même histoire.

On veut arrêter sans en avoir envie.

Comment se remplir vite quand toute la vie est vide de sentiments, d'émotions, d'amour, de tendresse, d'attention et que ce vide intersidéral est insupportable à vivre ici.

La seule issue est de se remplir VITE, TRES VITE, sinon tout les systèmes de survie s'effondrent.

Chacun d'entre nous réagit alors en fonction des apprentissages très précoces, infantiles, et se remplira pour retrouver "la plénitude du nourrisson gavé du sein maternel".

Carlos, le chanteur, savait ce qu'il disait quand il chantait " j'ai la peau du ventre bien tendue" et remerciait Jésus plutôt que sa mère, Françoise Dolto. Image internalisée d'une mauvaise mère, allez savoir ?

 

Ce sont là les invasions barbares qui sans cesse passent et repassent nos frontères effondrées, nous dévastent jusqu'à ce moment, impalpable, où l'esprit se révolte contre cette dépendance et cette assuétude, et se met en route pour se transformer en combattant de la liberté.

Liberté du corps, liberté des sens, liberté de l'esprit.

Je suis ce guerilléro qui les accompagne.

 




 

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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 22:05

Il est là, devant moi, le regard suppliant,  caché derrière un gentil sourire, implorant ...


Mais qu'a-t-il de si douloureux cet homme au regard doux, qui me parle doucement, penché vers moi, comme s'il fallait que personne n'entende notre conversation dans cette pièce chaleureuse où tout est en place pour qu'il se livre, et surtout se délivre des poids de sa vie.

 

Il me parle des chaussures de femmes, véritable addiction, que sans cesse il achète, à des femmes inconnues qui acceptent ce cadeau qu'il leur offre.

 

Une ou deux fois par semaine, il les aborde dans la rue, leur parle de la beauté éblouissante de leur pied, qui le trouble et l'émeut, qu'il veut caresser, masser, embrasser, revêtir d'un soulier, Cendrillons improbables d'un Prince Charmant éperdu dans sa recherche, sa tourmente qui sans cesse l'obsède : embrasser le pied d'une femme qu'il a chaussée d'une paire de chaussures neuves flambantes et parfumées,  fleurant bon ces odeurs de cuir, de colle et de vernis cellulosiques.

 

Il me parle de cette idée qui sans  cesse l'obsède, du matin au soir, du soir au matin, jusqu'au moment où... il quitte son bureau pour céder à cette pulsion irrésistible ! Et se sent ensuite coupable.

 

Mon manque d'étonnement ou de commentaires le trouble. Je lui dit que pour moi, tout est normal.


Tout symptome, tout comportement, même pathologique, est le résultat d'une interaction particulière, un dysfonctionnement dans la communication qui affecte sa relation aux autres, le tout dans un contexte particulier, qu'il reste à étudier avant toute chose.

 

Symptôme = contexte + interaction pathologiques .... il comprend mieux, normal, c'est un gestionnaire de haut niveau !

 

Il ne veut pas encore aborder ces deux niveaux, veut d'abord évacuer sa souffrance.

Je le rassure et l'assure de toute ma bienveillante attention, mais je vois bien qu'il me regarde en coin.

"j'ai déjà entendu parler de vous et de vos techniques bull-dozzer" me dit-il dans un demi-sourire, "mais j'accepte ce risque, je n'en peux plus ! ".

 

Puisqu'il me donne le feu vert,  je soupçonne même qu'il en redemande, je lui assène, avec mon sourire cruellement bienveillant

 

" En fait, vous voulez me faire croire que vous prenez votre pied en baisant...pardon en couvrant de baisers le pied des femmes !"

A l'Elysée, on donne dans le baise-main, vous c'est dans la baise... pied, c'est cela ?

 

One shot, one kill, telle est la devise des Snipers de l'US Army ! La mienne aussi.

En plein dedans !


C'est-à-dire que nous allons dans une chambre d'hôtel où je leur embrasse les pieds,

ça me fait jouir très fort, bien plus qu'en faisant l'amour !

Oui, bien sûr, et il vous faut une chambre d'hôtel pour cela ? Pourquoi pas au Parking de Carrefour, d'Auchan ou de Castorama ?

Parce qu'il faut qu'elle me frappe, me fouette et me griffe, ça me fait jouir comme une bête !

 

Nous y voilà !

Du fétichisme au S.M, nous avons glissé à toute vitesse au noeud gordien du problème... qu'il va falloir couper gentiment pour que cet homme ne s'effondre pas : rien n'est en place pour remplacer ce plaisir improbable.

 

Je ne suis pas sûr qu'il en ait envie, système archaïque ancré en lui, qui doit remonter à sa petite-petite enfance,

 

Oui effectivement, à 5 ans, j'avais déjà cette excitation et un jour ma tante, dont j'étais amoureux, m'a caressé le visage avec son pied, j'étais allongé sur la pelouse, et ça m'a donné envie d'embrasser son pied...

 

Le pied comme objet transitionnel, nous y voilà...

Le gros orteil comme tétine, ou comme pouce,

la chaussure comme Trou Primordial, réceptacle du plaisir.

 

La Thérapie va commencer, brève comme toujours.


Aborder l'âge clandestin, très vite, celui qui perdure encore,

le faire grandir, très vite, pour le ramener à son âge officiel,

celui d'être presque grand-père, alors qu'il "joue" 5 ans clandestins !

 

Quelle souffrance, trainer un boulet de cet ordre, au pied, depuis 50 ans.

Préparez les pinces et les marteaux : ça va cogner !
Pour être libre et libéré !

 

Sourire de connivence... nous venons de signer un contrat implicite : faut qu'ça change !

 

Du désir au plaisir de changer ... toute une histoire !


 


 


 


 

 



 


 

 


 


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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 21:01

Nous y voilà maintenant, l'horreur suprême :

il ose me dire qu'il m'aime,

tout en continuant à me torturer sans cesse dans chaque acte de ma vie,

dans laquelle, à chaque instant, il s'insinue,

me critique, m'impose ses choix,

plus d'espace pour moi,

sans jamais me laisser le moindre répit !

 

Je ne comprends plus rien, je me perds en hypothèses,

je m'épuise en travaux permanents pour lui faire plaisir...

jamais content.

 

Et ce vide qu'il creuse autour de moi, mes amis, ma famille,

je suis seule

le filet subrepticement s'est refermé, je suis dans la nasse,

je me débats en vain, plus je m'agite, plus il serre et me tue lentement,

comme le papillon prisonnier de la toile tendue par l'araignée

qui attend patiemment qu'il s'épuise pour pouvoir le dévorer.

 

Dévorée vive ! je suis une dévorée vive.

 

je me meurs, je me consume, j'ai mal partout,

mon coeur bat la chamade, mon dos est un colonne de feu,

je n'ai qu'une envie : dormir, dormir

pour oublier cet enfer,

dormir longtemps, juste pour ne plus avoir mal,

arrêter cette souffrance à n'importe quel prix,

et si .... mais je ne peux pas faire ça aux enfants,

et si .... mais que diraient mes parents

et si ....et mes amies ?

 

Et cette boule que j'ai là dans le sein depuis quelques semaines,

elle me ronge elle aussi, me ronge d'angoisse.

 

ET pouquoi, elle à l'air de ne pas avoir l'air,

cette gynéco qui m'examine le sein,

en souriant, d'un sourire figé qui camoufle mal son inquiétude,

"ce n'est pas grave, cette boule, elle est dure, elle est un peu enflammée,

il va falloir faire une mammo, une écho, une biopsie, un scanner"

la Grande Valse du Crabe !

 

Voilà, une fois encore, ce qui m'amène à rencontrer ces femmes épuisées par ce chemin de croix,

accès direct à la maladie pour tirer le signal d'alerte, que je vais décoder avec ces mots du corps.

Ces maux aussi qui sont autant de langages codés que personne, ou peu de gens savent écouter, pour le dire ensuite avec des mots qui résonnent.

 

C'est à ce moment même qu'il faut sonner les Trompettes de la Révolte !

Le temps de l'esclavage (même consenti ?) doit s'arrêter si l'on veut survivre puis vivre.

 

Long travail où il faut écouter toutes ces souffrances, ces humiliations, ces violences psychologiques, verbales, physiques,

pour qu'elles soient sorties du corps où elles se comportent comme des toxines qui le tuent à petit feu.

 

Expliquer l'enfer de la double contrainte dans laquelle elle s'est laissé enfermer

par peur d'être abandonnée, par peur de blesser l'autre,

parce qu'elle se trouve nulle aussi, inintéressante

et ne porte plus aucun regard bienveillant sur elle-même !

Une larve, voilà ce que peut faire de vous la double contrainte,

au bout de la larve, il n'y a pas de chrysalide ni de papillon,

mais le Gouffre et le Néant.

 

Vous n'avez plus qu'une solution pour passer du stade de victime au stade de survivante : la révolte qui vous permet alors de VIVRE pleinement sans plus jamais vous laisser manipuler, ni dévorer par ce Vampire qui vient vous donner son baiser mortel et prendre votre énergie, votre vie,

puis vous jette, jusqu'au baiser suivant,

de baisers en baisers, la mort survient, pas pour lui, pour vous.

Les Vampires sont immortels, pas vous.

 

Le travail commence alors, douloureux au début,

dur dur, d'arrêter son scénario de Sauveur,

dur dur, de penser aussi à soi, sans croire que l'on est égoïste,

dur dur, d'exprimer ses sentiments, ses émotions, que l'on a contenues trop longtemps,

pour découvrir enfin qu'un jour l'on est capable de

DIRE STOP

ça ne marche plus, je ne suis plus ton objet, ta chose,


Je suis LIBRE de faire ce qui me semble bon pour moi,

ce qui est bon pour moi est bon pour toi,


ce qui était bon pour toi n'était pas bon pour moi,

ça je l'ai compris,

alors la règle a changé,

c'est à prendre ou à laisser,


je n'ai pas l'intention d'y laisser ma peau,

j'y perds déjà un sein.

BASTA !

 

ET l'Autre en face reste bouche bée,  fulmine de colère devant la Révolte de son Esclave,

celle qu'il a si longtemps soumise sans jamais se remettre en question.

Il menace, insinue, détourne les propos, hausse le ton et la main,

mais rien n'y fait,

elle est remontée à bloc, Sa Chose,

elle ne laisse plus rien passer

Fait chier !


ELLE OSE, elle émet des désirs, des choix, et veut les faire respecter.


A prendre ou à laisser !

C'est le début de la Guérison : elle la sent dans son corps, libérée de cette peur qui la vrillait à chaque fois qu'il rentrait à la maison ou dans sa cuisine,

plus légère aussi : le boulet rougeoyant qui la dévorait est tombé, la chaîne brisée.

 

Et l'Autre, abasourdi qui joue les Victimes,

grand classique de la Commedia del Arte de la vie ordinaire

où le Bourreau est incompris de l'humanité entière,

Lui seul à raison...

 

Pauvre marionnetiste dont les fils se sont brisés ... qui contemple son propre désartre.

 

Ne vous apitoyez pas trop longtemps sur lui !

il va vite se dépêcher de trouver une autre femme à vampiriser,

c'est un Expert !

 

Bon vent !

 

 

NB : je vous conseille de voir cette vidéo qu'un de mes amis m'a fait parvenir ce matin. découvrez 'l'horreur de la double contrainte permanente.


http://www.fredetmarie.be/

 


 



 


 


 


 


 


 

 


 


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20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 20:54

Comment a-t-elle fait pour supporter cela si longtemps ?


Eternelle question qui me traverse à chaque fois que je me trouve confronté à la souffrance de cette femme qui vient consulter, effondrée, ravagée de cette souffrance qui la broie et l'étreint à chaque souffle de sa vie.

 

Elle est là, cette femme, courageuse jusqu'au bout,

se bat encore et encore pour tenter de ranimer son couple

d'insuffler un peu de vie dans cette famille qui se délite tout doucement.

Brutalement parfois !

 

Que s'est-il passé pour qu'elle ait accepté l'inacceptable,

supporté l'insupportable,

laissé passer ces phrases, ces mots, ces gestes, ces regards aussi,

qui lentement l'ont désagrégée,

éclatée !


elle a perdu confiance en elle,

ne croit plus en elle,

se trouve nulle, moche,

n'a plus la moindre estime d'elle même,


mais croit encore que tout peut s'arranger ...

s'il fait un petit effort

 

 

Ce qu'elle ne sait pas encore,

pourtant elle le ressent depuis longtemps,

et parfois même le pressentait dès le début de la relation,

c'est que l'Autre, Lui, ne changera pas,


parce que Lui, il va bien, il est normal, il voit clair,

il sait ce qu'il veut ... et sait l'obtenir,

des autres de préférence.

 

C'est un Malin, l'Autre,

un vrai Vampire,

qui lui pompe son énergie du matin au soir,

l'use à des tâches et des contraintes permanentes,

l'abus de pouvoir,

toujours et toujours.

 

Où tout ce qu'elle fait,

toujours le mieux possible,

pour lui plaire, recevoir un mot gentil, une attention,

un peu d'amour, rien qu'un peu...

 

Tout faux, toujours faux,

j'ai toujours faux !


Rien n'est bien,

 

ce n'est pas comme ça,

mais tu ne comprends rien quand je te parle,

tu écoutes ?

tu es nulle ou tu fais semblant ?


pendant que MOI JE BOSSE

et que toi, tu tu n'as rien à foutre de ta sainte journée !

 

T'as vu la tête que tu as avec cette coiffure à la con,

et ces fringues débiles,

tu les as achetées à Emmaüs ou u vestiaire de la Croix Rouge ?

 

Enlève moi ça tout de suite !


et joignant le geste à la parole,

commence la violence physique...

 

La boucle est bouclée,

c'est la première baffe qui coûte,

après, la voie est ouverte,

le Vampire s'y engouffre.

 

Comme un taureau furieux

au nez duquel on agite le chiffon rouge,

il fulmine, trépigne,

donne dans la violence,

physique cette fois

jusqu'à la mise à mort,

 

Pas du taureau bien sûr !

 

Elle est là, pantoise, à bout, épuisée,

incapable de se relever,

l'âme et le corps plein de bleus,

qui tente de se relever, titubante,

abasourduie de cette violence qu'elle découvre,

ou redécouvre, une fois de plus,

chancelante.

 

Salaud, t'es un beau salaud,

me frapper, moi,

me violenter, moi,

m'humilier, moi,

ta femme,

la mère de tes enfants,

Moi qui fais tout pour que tout le monde soit content,

que tout le monde soit heureux,

et voilà, tu me cognes !

 

Dialogues ordinaires d'une violence ordinaire,

derrière les persiennes et les rideaux,

où l'on s'entretue sur une décénnie, deux parfois,

trois ou quatre également,

au nom de cette effroyable constat :

 

la double contrainte

qui lie indéfectiblement les Bourreaux et leurs Victimes.

 

Ces messages qui disent une chose et son contraire,

où quoi que l'on fasse

on a toujours faux !

 

Que de souffrances vécues et à venir !

 

La Révolte gronde, elle arrive...


 


 







 



 


 


 

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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 14:58

abus sexuel

 

Je reçois souvent des mails de thérapeutes ou de patients me demandant comment lutter contre les phénomènes psychiques douloureux qui parasitent désagréablement la sexualité des victimes d'abus.

Il faut tout d'abord expliquer au sujet que l'abuseur est sorti de l'interdit : on ne touche pas un enfant pour assouvir son propre désir ou sa demande de plaisir. Il y a des adultes pour y répondre.

La perversion de l'enfant n'existe pas. Freud s'est lourdement trompé. L'enfant n'est pas un pervers polymorphe (à moins qu'il ne parle de sa propre expérience, le cher Sigismund). Ou il a inventé cette théorie (jamais vérifiée) pour mieux étayer la sienne. Une de ses inventions parmi tant d'autres ! 

L'enfant peut rencontrer malheureusement un vrai pervers, qui va le pervertir, lui l'enfant, en lui imposant une séduction dans une ambiance sexualisée où il utilise la double contrainte pour obtenir ce qu'il désire.

De plus, les pervers repèrent leurs proies, comme des Vampires. Ils recherchent et reconnaissent ces enfants en souffrance, en demande d'amour, de tendresse et d'affection, ces enfants trop câlins qui adorent qu'on leur dise des mots gentils, qu'on leur manifeste du soutien et de l'affection.

Malins, les Vampires, ils fondent sur ces proies faciles, sans défense, le plus souvent investies d'une autorité ou d'une amitié familiale.

On ligote ensuite l'enfant dans le secret, et l'horreur survient.

Fascination, amour, tendresse, sexe, tout est mélangé par l'abuseur qui commet un double abus : sexuel, mais aussi abus de confiance...

Quand un des parents n'est pas complice actif ou passif, parfois les deux, au nom du silence et du scandale à éviter.

Pour survivre pendant et après cette violence, l'enfant se met dans un état de dissociation psychique, c'est à dire qu'il devient un mannequin qui laisse faire et agit sur ordre.

Il est "ailleurs", paralysé, comme mort... mais ailleurs ! Et laisse faire, et parfois même refaire, car il a pu quelquefois éprouver du plaisir. Toute muqueuse génitale excitée et caressée  donne du plaisir.

C'est là qu'apparaît, une fois de plus, l'erreur d'interprétation des victimes : j'ai laissé faire, refaire et eu du plaisir.

Erreur, ma p'tite, t'as rien demandé, et l'autre porc s'est servi de toi comme d'un objet sexuel.

Depuis ce drame, ton corps fait une confusion grave : quand tu te retrouves dans une ambiance amoureuse, de désir, de sexualité, même avec l'homme que tu aimes, la pièce se rejoue, en coulisse, et c'est la Chute !


Déconfusionner le corps et l'esprit, tout l'art de l'hypnose est là !

Les techniques de dissociation thérapeutique faites et apprises en séance permettent  à la victime de mieux contrôler ces accidents spontanés et répétitifs qui lui polluent sa vie quotidienne et sa vie sexuelle.

La régression en âge, chère à notre cher Sigismund (dommage qu'il ait si mal maîtrisé l'hypnose) permet alors de neutraliser les souffrances de l'abus et de la période post-abus sexuel.

Le sujet passe ainsi du stade de victime à celui d'acteur de sa propre vie, dont il écrit désormais librement le scénario.

Quelques techniques d'hypnose, assez simples, lui permettent enfin d'accéder au désir, puis au plaisir. Je les développe dans mon livre " Comment résoudre ses problèmes sexuels grâce à l'hypnose" Ed Le Temps Présent. Paris.

En un mot, le sujet abusé utilise la dissociation pour se protéger, il devient un expert en dissociation, donc en hypnose pathologique.

A nous de le transformer en expert de la dissociation thérapeutique ,

pour son bon plaisir, le sien !



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  • : Le blog de Dr Victor SIMON
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  • : Comment l'hypnose ericksonienne peut être utilisée en médecine praticienne quotidienne et en psychothérapie. Utilisation complémentaire de la Thérapie Brève , de la Thérapie famiiale dans la troubles individuels, du couple, de la famille. Dans les violences faites aux femmes également.
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  • Dr Victor SIMON
  • Médecin spécialiste & Psychothérapeute
4 rue de Solférino. 75007. Paris. Tel : 01 45 00 46 10
Directeur Formation d'hypnose ericksonienne médicale, de Thérapie brève et de Psychosomatique.
Site : www.hypnose.org
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