Mercredi 23 novembre 2011 3 23 /11 /Nov /2011 21:39

Bonjour, Docteur, je suis  TOC !

Bonjour Monsieur TOC, enchanté, je suis Victor SIMON

Bonjour Docteur, je suis  TCA

Bonjour Madame TCA, enchanté, je suis Victor SIMON,

déposez le là, votreTOC, votre TCA, là, tout près de moi, que je le surveille pendant que vous me parlez de lui. Je ne le quitte pas du regard, on ne sait jamais...

 

Effarante, cette propension à se coller une étiquette sur le front et bien la pointer de l'index, la souligner, la surligner, pour qu'on ne voit qu'elle, pas ce qui se passe en-dessous, en profondeur.

Parlons de l'accessoire, jamais de l'essentiel.

 

Cet après-midi, j'ai vu juste quelques instants, une patiente, adressée par une Collègue, qui me la présentait : Dépression .. mmh mmh, (on pousse plus loin) ... mort du mari... terrible drame incommunicable, mort du Père, deuil impossible ... oui mais... à la mort du mari, Madame s'est réfugiée chez son père, qui la viole ... pour la consoler de cette perte si chère.

La boucle de l'horreur est bouclée.

Madame déprime, fume, boit, et présente manifestement des épisodes dissociatifs dans lesquels elle se perd : terra incognita... du Syndrome Post Traumatique.

Elle me dit aussi avoir  réussi à arrêter de fumer en une séance d'hypnose, il y a quelques années, mais a rechuté en un an.

Maigre succès. Je me doute du nom de celui qui lui a fait cette séance, qui se targue de faire arrêter de fumer en une fois.

Ce qu'il oublie de dire, mais le sait-il ou s'en fout-il, c'est qu'on ne peut faire disparaître un plaisir (le tabac, ce faux ami), sans le remplacer par un autre plaisir. L'angoisse apparaît aussitôt, la sensation de vide aussi ... Les sites de la récompense ne sont jamais en grève ni en retard. Départ immédiat à destination inconnue.

Et puis qu'enfume-t-on autour de soi derrière les volutes de fumée blanches et bleues ?

Pfffft, regard au ciel, pincement réprobateur des lèvres. 

Ce qui explique que Madame à l'arrêt du tabac a naturellement pris le ticket du chemin d'enfer de sa cave, a commencé à picoler gentiment et à gentiment boulloter chaque jour un peu plus. Tu parles d'un succès !

Quand j'explique à cette dame que je refuse de la prendre en charge pour l'arrêt du tabac en une séance, mais qu'il en faut trois, elle proteste énergiquement.

Son regard noir me jette des éclairs furibards, ma parole, elle me prend pour un escroc !

Vous voulez peut être manger plus et picoler un peu plus, c'est celà ? Et vous venez me demander cela ? Y'a un malentendu entre nous, je ne fais pas ça. Pas moi.

Long silence de sa part. Elle est en train de prendre conscience de la vanité de sa démarche.

Je l'incite à réfléchir et à prendre ses rendez-vous demain ou un autre jour.

 

Il y a 15 jours, ma consultation s 'est interrompue au bout de 10 mn :

Je viens vous demander de boire moins de vin rouge, me dit cette femme franchement hostile. Elle en boit environ 2l, ce qui veut dire plus.

Je mets ce comportement vis-à-vis de moi sur le compte de sa détresse, de la honte qu'elle peut éprouver dans sa démarche.

Passer à deux ou trois verres tous les jours, bien sûr un peu plus le week-end. Vous comprenez, n'est-ce pas ?

Oui j'ai parfaitement compris, Madame. Vous souhaitez juste boire moins, et continuer à boire en même temps. C'est bien cela ?

Oui, c'est ça !

Savez-vous qu'on ne parle jamais de corde dans la maison d'un pendu ? et qu'il n'y en a jamais plus dans cette maison ?

Je ne vois pas de quoi vous parlez ! Elle s'agite sur le fauteuil,  elle regrette d'être venue, c'est évident.

Simplement, il ne peut y avoir d'alcool dans la maison de celui qui veut arrêter de boire.

Elle se lève, furieuse, et s'en va en claquant la porte.

Je suis persuadé que si je l'avais prise en thérapie, elle m'aurait scalpé et j'aurais déclaré forfait au bout de 3 ou 4 séances.

 

Bouffe, Tabac, alcool, toxiques, toujours la même histoire.

On veut arrêter sans en avoir envie.

Comment se remplir vite quand toute la vie est vide de sentiments, d'émotions, d'amour, de tendresse, d'attention et que ce vide intersidéral est insupportable à vivre ici.

La seule issue est de se remplir VITE, TRES VITE, sinon tout les systèmes de survie s'effondrent.

Chacun d'entre nous réagit alors en fonction des apprentissages très précoces, infantiles, et se remplira pour retrouver "la plénitude du nourrisson gavé du sein maternel".

Carlos, le chanteur, savait ce qu'il disait quand il chantait " j'ai la peau du ventre bien tendue" et remerciait Jésus plutôt que sa mère, Françoise Dolto. Image internalisée d'une mauvaise mère, allez savoir ?

 

Ce sont là les invasions barbares qui sans cesse passent et repassent nos frontères effondrées, nous dévastent jusqu'à ce moment, impalpable, où l'esprit se révolte contre cette dépendance et cette assuétude, et se met en route pour se transformer en combattant de la liberté.

Liberté du corps, liberté des sens, liberté de l'esprit.

Je suis ce guerilléro qui les accompagne.

 




 

Par Dr Victor SIMON
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Mardi 22 novembre 2011 2 22 /11 /Nov /2011 22:05

Il est là, devant moi, le regard suppliant,  caché derrière un gentil sourire, implorant ...


Mais qu'a-t-il de si douloureux cet homme au regard doux, qui me parle doucement, penché vers moi, comme s'il fallait que personne n'entende notre conversation dans cette pièce chaleureuse où tout est en place pour qu'il se livre, et surtout se délivre des poids de sa vie.

 

Il me parle des chaussures de femmes, véritable addiction, que sans cesse il achète, à des femmes inconnues qui acceptent ce cadeau qu'il leur offre.

 

Une ou deux fois par semaine, il les aborde dans la rue, leur parle de la beauté éblouissante de leur pied, qui le trouble et l'émeut, qu'il veut caresser, masser, embrasser, revêtir d'un soulier, Cendrillons improbables d'un Prince Charmant éperdu dans sa recherche, sa tourmente qui sans cesse l'obsède : embrasser le pied d'une femme qu'il a chaussée d'une paire de chaussures neuves flambantes et parfumées,  fleurant bon ces odeurs de cuir, de colle et de vernis cellulosiques.

 

Il me parle de cette idée qui sans  cesse l'obsède, du matin au soir, du soir au matin, jusqu'au moment où... il quitte son bureau pour céder à cette pulsion irrésistible ! Et se sent ensuite coupable.

 

Mon manque d'étonnement ou de commentaires le trouble. Je lui dit que pour moi, tout est normal.


Tout symptome, tout comportement, même pathologique, est le résultat d'une interaction particulière, un dysfonctionnement dans la communication qui affecte sa relation aux autres, le tout dans un contexte particulier, qu'il reste à étudier avant toute chose.

 

Symptôme = contexte + interaction pathologiques .... il comprend mieux, normal, c'est un gestionnaire de haut niveau !

 

Il ne veut pas encore aborder ces deux niveaux, veut d'abord évacuer sa souffrance.

Je le rassure et l'assure de toute ma bienveillante attention, mais je vois bien qu'il me regarde en coin.

"j'ai déjà entendu parler de vous et de vos techniques bull-dozzer" me dit-il dans un demi-sourire, "mais j'accepte ce risque, je n'en peux plus ! ".

 

Puisqu'il me donne le feu vert,  je soupçonne même qu'il en redemande, je lui assène, avec mon sourire cruellement bienveillant

 

" En fait, vous voulez me faire croire que vous prenez votre pied en baisant...pardon en couvrant de baisers le pied des femmes !"

A l'Elysée, on donne dans le baise-main, vous c'est dans la baise... pied, c'est cela ?

 

One shot, one kill, telle est la devise des Snipers de l'US Army ! La mienne aussi.

En plein dedans !


C'est-à-dire que nous allons dans une chambre d'hôtel où je leur embrasse les pieds,

ça me fait jouir très fort, bien plus qu'en faisant l'amour !

Oui, bien sûr, et il vous faut une chambre d'hôtel pour cela ? Pourquoi pas au Parking de Carrefour, d'Auchan ou de Castorama ?

Parce qu'il faut qu'elle me frappe, me fouette et me griffe, ça me fait jouir comme une bête !

 

Nous y voilà !

Du fétichisme au S.M, nous avons glissé à toute vitesse au noeud gordien du problème... qu'il va falloir couper gentiment pour que cet homme ne s'effondre pas : rien n'est en place pour remplacer ce plaisir improbable.

 

Je ne suis pas sûr qu'il en ait envie, système archaïque ancré en lui, qui doit remonter à sa petite-petite enfance,

 

Oui effectivement, à 5 ans, j'avais déjà cette excitation et un jour ma tante, dont j'étais amoureux, m'a caressé le visage avec son pied, j'étais allongé sur la pelouse, et ça m'a donné envie d'embrasser son pied...

 

Le pied comme objet transitionnel, nous y voilà...

Le gros orteil comme tétine, ou comme pouce,

la chaussure comme Trou Primordial, réceptacle du plaisir.

 

La Thérapie va commencer, brève comme toujours.


Aborder l'âge clandestin, très vite, celui qui perdure encore,

le faire grandir, très vite, pour le ramener à son âge officiel,

celui d'être presque grand-père, alors qu'il "joue" 5 ans clandestins !

 

Quelle souffrance, trainer un boulet de cet ordre, au pied, depuis 50 ans.

Préparez les pinces et les marteaux : ça va cogner !
Pour être libre et libéré !

 

Sourire de connivence... nous venons de signer un contrat implicite : faut qu'ça change !

 

Du désir au plaisir de changer ... toute une histoire !


 


 


 


 

 



 


 

 


 


Par Dr Victor SIMON
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Lundi 21 novembre 2011 1 21 /11 /Nov /2011 21:01

Nous y voilà maintenant, l'horreur suprême :

il ose me dire qu'il m'aime,

tout en continuant à me torturer sans cesse dans chaque acte de ma vie,

dans laquelle, à chaque instant, il s'insinue,

me critique, m'impose ses choix,

plus d'espace pour moi,

sans jamais me laisser le moindre répit !

 

Je ne comprends plus rien, je me perds en hypothèses,

je m'épuise en travaux permanents pour lui faire plaisir...

jamais content.

 

Et ce vide qu'il creuse autour de moi, mes amis, ma famille,

je suis seule

le filet subrepticement s'est refermé, je suis dans la nasse,

je me débats en vain, plus je m'agite, plus il serre et me tue lentement,

comme le papillon prisonnier de la toile tendue par l'araignée

qui attend patiemment qu'il s'épuise pour pouvoir le dévorer.

 

Dévorée vive ! je suis une dévorée vive.

 

je me meurs, je me consume, j'ai mal partout,

mon coeur bat la chamade, mon dos est un colonne de feu,

je n'ai qu'une envie : dormir, dormir

pour oublier cet enfer,

dormir longtemps, juste pour ne plus avoir mal,

arrêter cette souffrance à n'importe quel prix,

et si .... mais je ne peux pas faire ça aux enfants,

et si .... mais que diraient mes parents

et si ....et mes amies ?

 

Et cette boule que j'ai là dans le sein depuis quelques semaines,

elle me ronge elle aussi, me ronge d'angoisse.

 

ET pouquoi, elle à l'air de ne pas avoir l'air,

cette gynéco qui m'examine le sein,

en souriant, d'un sourire figé qui camoufle mal son inquiétude,

"ce n'est pas grave, cette boule, elle est dure, elle est un peu enflammée,

il va falloir faire une mammo, une écho, une biopsie, un scanner"

la Grande Valse du Crabe !

 

Voilà, une fois encore, ce qui m'amène à rencontrer ces femmes épuisées par ce chemin de croix,

accès direct à la maladie pour tirer le signal d'alerte, que je vais décoder avec ces mots du corps.

Ces maux aussi qui sont autant de langages codés que personne, ou peu de gens savent écouter, pour le dire ensuite avec des mots qui résonnent.

 

C'est à ce moment même qu'il faut sonner les Trompettes de la Révolte !

Le temps de l'esclavage (même consenti ?) doit s'arrêter si l'on veut survivre puis vivre.

 

Long travail où il faut écouter toutes ces souffrances, ces humiliations, ces violences psychologiques, verbales, physiques,

pour qu'elles soient sorties du corps où elles se comportent comme des toxines qui le tuent à petit feu.

 

Expliquer l'enfer de la double contrainte dans laquelle elle s'est laissé enfermer

par peur d'être abandonnée, par peur de blesser l'autre,

parce qu'elle se trouve nulle aussi, inintéressante

et ne porte plus aucun regard bienveillant sur elle-même !

Une larve, voilà ce que peut faire de vous la double contrainte,

au bout de la larve, il n'y a pas de chrysalide ni de papillon,

mais le Gouffre et le Néant.

 

Vous n'avez plus qu'une solution pour passer du stade de victime au stade de survivante : la révolte qui vous permet alors de VIVRE pleinement sans plus jamais vous laisser manipuler, ni dévorer par ce Vampire qui vient vous donner son baiser mortel et prendre votre énergie, votre vie,

puis vous jette, jusqu'au baiser suivant,

de baisers en baisers, la mort survient, pas pour lui, pour vous.

Les Vampires sont immortels, pas vous.

 

Le travail commence alors, douloureux au début,

dur dur, d'arrêter son scénario de Sauveur,

dur dur, de penser aussi à soi, sans croire que l'on est égoïste,

dur dur, d'exprimer ses sentiments, ses émotions, que l'on a contenues trop longtemps,

pour découvrir enfin qu'un jour l'on est capable de

DIRE STOP

ça ne marche plus, je ne suis plus ton objet, ta chose,


Je suis LIBRE de faire ce qui me semble bon pour moi,

ce qui est bon pour moi est bon pour toi,


ce qui était bon pour toi n'était pas bon pour moi,

ça je l'ai compris,

alors la règle a changé,

c'est à prendre ou à laisser,


je n'ai pas l'intention d'y laisser ma peau,

j'y perds déjà un sein.

BASTA !

 

ET l'Autre en face reste bouche bée,  fulmine de colère devant la Révolte de son Esclave,

celle qu'il a si longtemps soumise sans jamais se remettre en question.

Il menace, insinue, détourne les propos, hausse le ton et la main,

mais rien n'y fait,

elle est remontée à bloc, Sa Chose,

elle ne laisse plus rien passer

Fait chier !


ELLE OSE, elle émet des désirs, des choix, et veut les faire respecter.


A prendre ou à laisser !

C'est le début de la Guérison : elle la sent dans son corps, libérée de cette peur qui la vrillait à chaque fois qu'il rentrait à la maison ou dans sa cuisine,

plus légère aussi : le boulet rougeoyant qui la dévorait est tombé, la chaîne brisée.

 

Et l'Autre, abasourdi qui joue les Victimes,

grand classique de la Commedia del Arte de la vie ordinaire

où le Bourreau est incompris de l'humanité entière,

Lui seul à raison...

 

Pauvre marionnetiste dont les fils se sont brisés ... qui contemple son propre désartre.

 

Ne vous apitoyez pas trop longtemps sur lui !

il va vite se dépêcher de trouver une autre femme à vampiriser,

c'est un Expert !

 

Bon vent !

 

 

NB : je vous conseille de voir cette vidéo qu'un de mes amis m'a fait parvenir ce matin. découvrez 'l'horreur de la double contrainte permanente.


http://www.fredetmarie.be/

 


 



 


 


 


 


 


 

 


 


Par Dr Victor SIMON
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Dimanche 20 novembre 2011 7 20 /11 /Nov /2011 20:54

Comment a-t-elle fait pour supporter cela si longtemps ?


Eternelle question qui me traverse à chaque fois que je me trouve confronté à la souffrance de cette femme qui vient consulter, effondrée, ravagée de cette souffrance qui la broie et l'étreint à chaque souffle de sa vie.

 

Elle est là, cette femme, courageuse jusqu'au bout,

se bat encore et encore pour tenter de ranimer son couple

d'insuffler un peu de vie dans cette famille qui se délite tout doucement.

Brutalement parfois !

 

Que s'est-il passé pour qu'elle ait accepté l'inacceptable,

supporté l'insupportable,

laissé passer ces phrases, ces mots, ces gestes, ces regards aussi,

qui lentement l'ont désagrégée,

éclatée !


elle a perdu confiance en elle,

ne croit plus en elle,

se trouve nulle, moche,

n'a plus la moindre estime d'elle même,


mais croit encore que tout peut s'arranger ...

s'il fait un petit effort

 

 

Ce qu'elle ne sait pas encore,

pourtant elle le ressent depuis longtemps,

et parfois même le pressentait dès le début de la relation,

c'est que l'Autre, Lui, ne changera pas,


parce que Lui, il va bien, il est normal, il voit clair,

il sait ce qu'il veut ... et sait l'obtenir,

des autres de préférence.

 

C'est un Malin, l'Autre,

un vrai Vampire,

qui lui pompe son énergie du matin au soir,

l'use à des tâches et des contraintes permanentes,

l'abus de pouvoir,

toujours et toujours.

 

Où tout ce qu'elle fait,

toujours le mieux possible,

pour lui plaire, recevoir un mot gentil, une attention,

un peu d'amour, rien qu'un peu...

 

Tout faux, toujours faux,

j'ai toujours faux !


Rien n'est bien,

 

ce n'est pas comme ça,

mais tu ne comprends rien quand je te parle,

tu écoutes ?

tu es nulle ou tu fais semblant ?


pendant que MOI JE BOSSE

et que toi, tu tu n'as rien à foutre de ta sainte journée !

 

T'as vu la tête que tu as avec cette coiffure à la con,

et ces fringues débiles,

tu les as achetées à Emmaüs ou u vestiaire de la Croix Rouge ?

 

Enlève moi ça tout de suite !


et joignant le geste à la parole,

commence la violence physique...

 

La boucle est bouclée,

c'est la première baffe qui coûte,

après, la voie est ouverte,

le Vampire s'y engouffre.

 

Comme un taureau furieux

au nez duquel on agite le chiffon rouge,

il fulmine, trépigne,

donne dans la violence,

physique cette fois

jusqu'à la mise à mort,

 

Pas du taureau bien sûr !

 

Elle est là, pantoise, à bout, épuisée,

incapable de se relever,

l'âme et le corps plein de bleus,

qui tente de se relever, titubante,

abasourduie de cette violence qu'elle découvre,

ou redécouvre, une fois de plus,

chancelante.

 

Salaud, t'es un beau salaud,

me frapper, moi,

me violenter, moi,

m'humilier, moi,

ta femme,

la mère de tes enfants,

Moi qui fais tout pour que tout le monde soit content,

que tout le monde soit heureux,

et voilà, tu me cognes !

 

Dialogues ordinaires d'une violence ordinaire,

derrière les persiennes et les rideaux,

où l'on s'entretue sur une décénnie, deux parfois,

trois ou quatre également,

au nom de cette effroyable constat :

 

la double contrainte

qui lie indéfectiblement les Bourreaux et leurs Victimes.

 

Ces messages qui disent une chose et son contraire,

où quoi que l'on fasse

on a toujours faux !

 

Que de souffrances vécues et à venir !

 

La Révolte gronde, elle arrive...


 


 







 



 


 


 

Par Dr Victor SIMON
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Lundi 24 mai 2010 1 24 /05 /Mai /2010 14:58

abus sexuel

 

Je reçois souvent des mails de thérapeutes ou de patients me demandant comment lutter contre les phénomènes psychiques douloureux qui parasitent désagréablement la sexualité des victimes d'abus.

Il faut tout d'abord expliquer au sujet que l'abuseur est sorti de l'interdit : on ne touche pas un enfant pour assouvir son propre désir ou sa demande de plaisir. Il y a des adultes pour y répondre.

La perversion de l'enfant n'existe pas. Freud s'est lourdement trompé. L'enfant n'est pas un pervers polymorphe (à moins qu'il ne parle de sa propre expérience, le cher Sigismund). Ou il a inventé cette théorie (jamais vérifiée) pour mieux étayer la sienne. Une de ses inventions parmi tant d'autres ! 

L'enfant peut rencontrer malheureusement un vrai pervers, qui va le pervertir, lui l'enfant, en lui imposant une séduction dans une ambiance sexualisée où il utilise la double contrainte pour obtenir ce qu'il désire.

De plus, les pervers repèrent leurs proies, comme des Vampires. Ils recherchent et reconnaissent ces enfants en souffrance, en demande d'amour, de tendresse et d'affection, ces enfants trop câlins qui adorent qu'on leur dise des mots gentils, qu'on leur manifeste du soutien et de l'affection.

Malins, les Vampires, ils fondent sur ces proies faciles, sans défense, le plus souvent investies d'une autorité ou d'une amitié familiale.

On ligote ensuite l'enfant dans le secret, et l'horreur survient.

Fascination, amour, tendresse, sexe, tout est mélangé par l'abuseur qui commet un double abus : sexuel, mais aussi abus de confiance...

Quand un des parents n'est pas complice actif ou passif, parfois les deux, au nom du silence et du scandale à éviter.

Pour survivre pendant et après cette violence, l'enfant se met dans un état de dissociation psychique, c'est à dire qu'il devient un mannequin qui laisse faire et agit sur ordre.

Il est "ailleurs", paralysé, comme mort... mais ailleurs ! Et laisse faire, et parfois même refaire, car il a pu quelquefois éprouver du plaisir. Toute muqueuse génitale excitée et caressée  donne du plaisir.

C'est là qu'apparaît, une fois de plus, l'erreur d'interprétation des victimes : j'ai laissé faire, refaire et eu du plaisir.

Erreur, ma p'tite, t'as rien demandé, et l'autre porc s'est servi de toi comme d'un objet sexuel.

Depuis ce drame, ton corps fait une confusion grave : quand tu te retrouves dans une ambiance amoureuse, de désir, de sexualité, même avec l'homme que tu aimes, la pièce se rejoue, en coulisse, et c'est la Chute !


Déconfusionner le corps et l'esprit, tout l'art de l'hypnose est là !

Les techniques de dissociation thérapeutique faites et apprises en séance permettent  à la victime de mieux contrôler ces accidents spontanés et répétitifs qui lui polluent sa vie quotidienne et sa vie sexuelle.

La régression en âge, chère à notre cher Sigismund (dommage qu'il ait si mal maîtrisé l'hypnose) permet alors de neutraliser les souffrances de l'abus et de la période post-abus sexuel.

Le sujet passe ainsi du stade de victime à celui d'acteur de sa propre vie, dont il écrit désormais librement le scénario.

Quelques techniques d'hypnose, assez simples, lui permettent enfin d'accéder au désir, puis au plaisir. Je les développe dans mon livre " Comment résoudre ses problèmes sexuels grâce à l'hypnose" Ed Le Temps Présent. Paris.

En un mot, le sujet abusé utilise la dissociation pour se protéger, il devient un expert en dissociation, donc en hypnose pathologique.

A nous de le transformer en expert de la dissociation thérapeutique ,

pour son bon plaisir, le sien !



Par Dr Victor SIMON
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  • Médecin spécialiste - Psychothérapeute Directeur du centre Hypnose & Psychosomatique. Paris Directeur des Enseignements d'hypnose ericksonienne médicale, de Thérapie brève et de Psychosomatique. Paris

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