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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 09:02
1°couv


Etudions quelques-unes de ces généralisations abusives et leur mode opératoire.

Elles sont généralement énoncées au sein de la famille, proche ou rapprochée. Répétées à plusieurs reprises à différents moments, elles sont souvent liées à des évènements où l’un des protagonistes est victime de la situation.

"Tous les hommes sont des salauds : ils séduisent puis ils jettent"

Drame humain le plus fréquemment entendu.


Quelle grand-mère, tante, cousine, mère, grande sœur, confidente, copine ou héroïne de film n’a jamais prononcé cette phrase décisive et mortelle !


Le spectateur, jeune en général, entre 4 et 12 ans, observe une situation où l’un des protagonistes, en grande souffrance, ou en position de Magiter Dixit, énonce ce type d’affirmation péremptoire qui classe définitivement le genre masculin en position de bourreau, le genre féminin en victime.


Les pleurs et les émotions souvent présentes fragilisent le système de perception, de compréhension et d’interprétation de la situation. L’amour et les loyautés achèvent l’adhésion indéfectible aux phrases définitives prononcées.


Il suffira de deux ou trois autres expériences malheureuses autour d’elle, parfois même une seule expérience  pour confirmer définitivement la validité de cette idée : les hommes sont des salauds, ils séduisent, puis ils jettent. Pauvres hommes, pauvres femmes aussi !

 

Un cas clinique :

 

Elodie est une jolie jeune fille de 17 ans, elle consulte  accompagnée de sa mère.


Elle ne travaille plus au lycée, pleure souvent et se bagarre tout le temps avec elle. Elle est en crise. Son copain et elle s’entendent bien, ils souhaitent partir une semaine ensemble pendant les vacances d’été. Les parents du garçon sont d’accord pour les accueillir dans leur villa en Corse.


La mère d’Elodie ne veut rien savoir. De plus elle passe son temps à vilipender de Guillaume, le copain chéri. Cris, pleurs, colère, tout est présent dans la consultation.


Beau cadeau pour moi : ils rejouent exactement le même scénario qu’à la maison – ce qui est peu fréquent !


J’apprécie et commente à voix haute puis demande à la mère ce qui la dérange dans cette relation d’adolescente : que sa fille soit mineure, qu’elle soit trop loin d’elle ou s’éloigne : la Corse est une île complexe à aborder, et à vivre, n’est-ce pas ?


Questions banales volontairement à côté de la réalité, provocatrices d’émotions et de réactions incontrôlables !

La provocation n’est-elle pas une façon de remettre la réalité sur ses pieds ?

J’en ai fait mon credo en thérapie !

 

Réponse cinglante  de la mère : je ne veux pas de ce couple, docteur !

Effectivement, vous avez parfaitement raison, j’admire votre extrême compréhension et votre  générosité à l’accepter déjà chez vous, quelques jours par mois ! 


Silence… confusion des esprits… tempête sous le crâne de la mère !

 

« Si jeune, c’est vraiment jeune » ajouté-je, « à cet âge aucun des deux n’est mature, un enfant est si vite arrivé, ce serait dramatique ou acceptable, selon vous ? »

 

Vous n’y êtes pas du tout, docteur. Quand j’ai décidé ( ?) d’avoir une fille, je me suis cherché un homme blond, grand, aux yeux clairs, comme moi, juste pour faire un enfant.

 

Après, j’ai fait comme ma mère et ma grand-mère. : « Dehors ! » Comme ça, ils ne peuvent pas nous trahir et nous plaquer.  Tous les mêmes, vous comprenez, docteur ?

 

L’idée fausse, enfin, voilà le drame de sa vie, à cette femme, belle, intelligente, active, à un haut poste de responsabilité, où tout le monde croit qu’elle sacrifie sa vie à son travail !

 

Que nenni ! 3 générations d’idée fausse et de loyauté indéfectible.

 

La quatrième descendance résistait.

 

Il fallait la briser, ce qui fut rondement mené, puis permit à Elodie de réussir à son bac et faire des études très loin de ce matrilignage mortifère pour elle !

 

 

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Published by Dr Victor SIMON
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Marie S. 24/03/2010 18:07


le message semble déjà s'imprimer lors de la conception. Le corps se prépare à réussir l'acte unique du premier coup. Mais cette fois-ci, la révolte n'a pas été tuée dans l'oeuf.


Anne Bensoussan 24/03/2010 17:26


C'est fou comme le printemps,peut être avec l'explosion pollinique fait verbaliser les idées fausses et à ( St Denis) "hématomégènes" ,Thierry,perplexe, observe sa femme :
"Pourquoi tu veux maigrir,à qui tu veux plaire?"
"Elle a rien répondu, alors j'lui ai fait faire des économies de maquillage !"
"Toutes des salopes, sauf ma mère !"
"D'ailleurs elle m'avait prévenu...."


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  • : Comment l'hypnose ericksonienne peut être utilisée en médecine praticienne quotidienne et en psychothérapie. Utilisation complémentaire de la Thérapie Brève , de la Thérapie famiiale dans la troubles individuels, du couple, de la famille. Dans les violences faites aux femmes également.
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